A près Infineon, filiale de Siemens, et le français STM, Philips vient d'annoncer un profit – warning lié au marché des composants électroniques. Mardi, la firme d'Amsterdam a prévenu que sa division semi-conducteurs verra son résultat d'exploitation au premier trimestre baisser de 10% par rapport à la même période de l'année précédente. Ces difficultés sont à mettre au compte de «la faiblesse de l'économie américaine et au ralentissement des marchés des télécommunications et de l'informatique», affirme le géant européen de l'électronique. En revanche, il annonce une augmentation des ventes de la division de l'ordre de 7%. En rapportant les pronostics aux chiffres des trois premiers mois de l'an passé, le résultat d'exploitation de la division semi-conducteurs devrait tourner autour de 217 millions d'euros (332,6 millions de francs), pour un chiffre d'affaires de 1,54 milliard.

«Dans tous les cas, nous maintenons notre pronostic formulé en février dernier, selon lequel nos ventes sur l'année 2001 dépasseront celles de la moyenne du marché d'environ 5%», indique Ben Geerts, porte-parole de Philips. Explication? Philips est moins exposé que ses concurrents à la baisse des ventes d'ordinateurs personnels.

Retrait du titre en Bourse

Bien qu'attendu par les marchés, le «profit – warning» a fait baisser le titre Philips. Dans les heures suivant l'annonce, l'action avait chuté de 6%. Elle s'est reprise, pour clôturer à 32,55 euros, en baisse de 1,84%. Car certains analystes ont été surpris de lire que le groupe prévoit «un résultat négatif au premier trimestre pour ses divisions composants et électronique grand public». Au premier trimestre 2000, ces activités avaient rapporté respectivement 95 millions et 72 millions d'euros.

Les problèmes de l'électronique grand public pourraient découler du ralentissement de la croissance des ventes de téléphones portables. Celles-ci auraient dû passer de 13,5 millions d'unités l'an dernier à 20 millions cette année. «Nous n'atteindrons pas cet objectif», a reconnu Ben Geerts, sans avancer de chiffre concret.

Enfin, le groupe prévoit que «le ralentissement déjà mentionné des marchés ainsi que les prix bas des LCD auront un impact sur les résultats des compagnies non consolidés». «C'est relativement pire que ce que l'on pensait», affirmait hier un analyste de SNS Securities. En revanche, Philips a indiqué que les «performances opérationnelles des divisions éclairage, appareils ménagers et de soin personnel et systèmes médicaux seront équivalents ou meilleurs que l'année passée, hors charges liées à des acquisitions».