Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Si Piaget a monté cette année au SIHH un stand aux allures aquatiques, la marque a surtout présenté une montre qui n’est rien de moins que la plus plate du monde.
© Eddy Mottaz

SIHH

Piaget veut dépasser les records horlogers

Au Salon international de haute horlogerie de Genève, la marque de Richemont propose une montre moins épaisse qu’une pièce de 2 francs. Sa nouvelle directrice, Chabi Nouri, se dit «sereine» pour l’année 2018

Les pieds dans l’eau. Cette année, au stand Piaget du Salon international de la haute horlogerie (SIHH) à Genève, une partie du plancher a été remplacée par un bassin d’une vingtaine de centimètres de profondeur. Une manière de proposer davantage «d’expériences» et «d’immersion» dans le monde Piaget. Mercredi matin, un visiteur manifestement inattentif a d’ailleurs pris cette suggestion au pied de la lettre.

Lire aussi: Chabi Nouri: «Pour Piaget, la vente en ligne n'est plus un tabou depuis longtemps»

Mais cette année, la marque du groupe Richemont n’a pas seulement réussi a fait parler d’elle grâce à son stand aux allures aquatiques. Elle a également présenté une montre baptisée «Altiplano Ultimate Concept», qui n’est rien de moins que la montre la plus plate du monde. Son épaisseur ne dépasse pas les 2 mm pour un diamètre de 38 mm. Soit à peine plus large qu’une pièce de 5 francs (31,4 mm) mais surtout à peine moins épaisse qu’une pièce de 2 francs (2,1 mm). «Certains composants de la montre sont, littéralement, aussi fins que des cheveux», détaille Chabi Nouri, entrée en fonction l’an dernier à la suite de Philippe Léopold-Metzger.

Tour de force

Il n’est guère surprenant de voir Piaget réussir un tour de force dans l’ultra-plat. En 1967 déjà, l’entreprise marquait un jalon dans l’histoire horlogère en sortant le désormais célèbre 9P, calibre mécanique d’une épaisseur de 2 mm. Pourquoi avoir consacré quatre années d’efforts à cette nouvelle performance? «Nous voulons dépasser le seul record. Ce qui nous tire en avant, c’est la recherche de l’élégance ultime et la volonté de libérer la créativité», argumente Chabi Nouri, en faisant allusion à la place ainsi générée pour, par exemple, décorer la montre.

Question facile: entre horlogerie et joaillerie, bijoux pour hommes et pour femmes, bagues à 1450 francs et pièces de très haute joaillerie, montres mécaniques en acier et séries limitées de montres serties, Piaget occupe des segments fort différents. N’y a-t-il pas un risque de trop étirer le message de la marque? «J’y vois une opportunité, répond Chabi Nouri. Cette diversité de segments est une chance et notre travail consiste à amener les bons produits pour les bons clients.»

Licenciements

Il est plus délicat en revanche d’aborder la marche des affaires de Piaget. Tout au plus Chabi Nouri se dit-elle «sereine» à l’heure d’aborder 2018. Et si son prédécesseur soutenait lors du dernier SIHH que Piaget était peut-être «parmi les premières marques à souffrir de la crise» mais serait «parmi les premières à en sortir», la nouvelle patronne explique simplement que «si l’on considère que l’industrie est sortie de la crise, alors Piaget est dans cette tendance». La marque s’en est donné les moyens: fin 2016, elle a notamment licencié 70 personnes dans ses manufactures et procédé à d’importants rachats de stocks.

Lire également: Au SIHH, Piaget veut prouver qu’elle a retenu les leçons du passé

Enfin, s’il y a un thème que Chabi Nouri ne veut décidément plus aborder dans de brèves interviews, c’est le fait qu’elle soit l’une des rares jeunes femmes à la tête d’une marque horlogère. «On continue de me poser la question presque tous les jours et je trouve cela terriblement réducteur. On apporte au moins autant qu’un homme…» Pour Chabi Nouri, il s’agit d’une thématique qui appartient au passé. «Comme le luxe et le numérique. En 2018, qui se demande encore si c’est compatible?»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)