L’économie allemande, fortement dépendante des exportations, a connu l’an passé la plus grave récession de son histoire depuis la seconde guerre mondiale: le PIB a chuté de 5% en moyenne annuelle. Pendant la même période, le reste de l’Union européenne accusait un recul de croissance de 4,1%; 2,5% pour les Etats-Unis.

Fortement dépendante des exportations, l’Allemagne a tout particulièrement souffert de la chute de la demande mondiale au cours de l’hiver 2008-2009. Pendant cette période, les exportations allemandes ont en effet reculé de 14,7%. «Le commerce extérieur n’a pas été comme d’habitude le moteur mais le frein de l’économie», a constaté ce matin Roderich Egeler, le président de l’Office fédéral des statistiques, lors de la présentation des statistiques officielles pour 2009.

Du coup, Etat Fédéral, Länder et communes ont accusé l’an passé un déficit de leurs finances de 3,2% du PIB, dépassant pour la première fois depuis quatre ans la barre des 3% autorisée aux pays membres de l’UE à Maastrich. Pour cette année, le ministère des Finances a prévenu que les déficits publics continueraient à déraper à plus de 5% du PIB. La nouvelle majorité de centre-droit a décidé de privilégier à court terme le soutien à la demande, notamment par le biais des baisses d’impôts, à l’équilibre des finances.

La récession a eu «peu d’effet sur le chômage», s’est félicité Roderich Egeler, notamment du fait de la réforme du chômage technique et du recours à la réduction du temps de travail qui ont permis aux entreprises de ne pas licencier malgré les baisses des carnets de commandes.

Revers de la médaille, ces deux mesures ont eu un effet négatif sur la productivité, qui a reculé de 4,9% par salarié en 2009; de 2,2% par heure travaillée. Enfin, pour la première fois depuis la chute du Mur, les salaires brut ont diminué l’an passé de 0,4%; les salaires nets de 0,9%. L’inflation était l’an passé de 0,4%