La contraction apparaît moins marquée que prévu, les économistes tablant sur une baisse comprise entre 0,4% et 1,8%. Une évolution qui fait dire à Aymo Brunetti, chef de la Direction de la politique économique au SECO, contacté mardi par l’ATS, que l’économie suisse paraît avoir retrouvé un certain dynamisme.

Construction en verve Aymo Brunetti relève la bonne tenue de la demande intérieure. La consommation des ménages, qui représente 65% du PIB, a ainsi crû de 0,6% grâce aux dépenses dans le logement, l’énergie, l’ameublement, la santé et les télécoms. Le PIB avait reculé de 0,9% (taux révisé après -0,8% annoncé en juin) entre janvier et mars, et de 2,2% sur un an.

Les collectivités publiques (Confédération, cantons et communes) ont accru leurs dépenses de 1,2%, jouant un rôle anticyclique. Le secteur de la construction a continué de soutenir la tendance, avec une croissance des investissements de 3,5% par rapport au premier trimestre.

Les investissements en biens d’équipement, une activité qui souffre en premier en période de crise, ont en revanche diminué de 0,8%, dans la métallurgie et les machines notamment. Le rythme de baisse a toutefois ralenti, commente le SECO.

Morose tourisme Même constat pour les exportations de biens, qui n’ont reculé «que» de 2% entre avril et juin, après des chutes de 8,9% et 6,1% lors des trimestres précédents. Les importations ont par contre accéléré leur baisse (-5,4%), contre -1,8% et -6,9% précédemment.

La balance des services a pour sa part contribué négativement. Elle a subi une chute de 4,6% au niveau des exportations, en raison entre autres d’un tourisme morose en Suisse, conforme aux trimestres antérieurs, mais enregistré une hausse de 1,5% des importations.

Malgré le ralentissement de la dégradation, Aymo Brunetti n’aperçoit pas encore les contours d’une véritable reprise. «La situation reste mauvaise», lâche-t-il même. La progression du chômage attendue ces prochains mois va peser sur la consommation des ménages.

Retour à la croissance La reprise qui se dessine ne surviendra de toute façon pas à un rythme rapide, estime le SECO. La question consiste à savoir si une baisse de la consommation privée sera compensée par un redémarrage des exportations, à la faveur du retour à la croissance constatée par exemple en Allemagne et en France.

Bernard Lambert, de la Banque Pictet & Cie, se veut plus optimiste. L’économie suisse pourrait afficher une croissance plate, voire légèrement positive, au troisième trimestre 2009. Le redressement en cours des exportations et du secteur financier, en particulier des grandes banques, devrait commencer à déployer ses effets.

«Ces activités profitent de la reprise de la demande mondiale», relève l’économiste genevois. Il ne croit d’ailleurs pas à la théorie dominante selon laquelle la Suisse restera plus longtemps en récession, parce qu’elle y est entrée plus tardivement et moins sévèrement que d’autres pays.

Allemagne et France Au deuxième semestre 2008, au plus fort de la crise financière, le PIB helvétique s’était contracté de 0,4% entre juillet et septembre et de 0,6% entre octobre et décembre. Une économie est réputée en récession lorsqu’elle aligne au moins deux trimestres consécutifs de contraction. L’an passé, la croissance a atteint 1,8%.

Par rapport à ses grands voisins et partenaires commerciaux, la Suisse fait moins bien pour l’heure. L’Allemagne, premier débouché à l’exportation, et la France ont réalisé une croissance de 0,3% deuxième trimestre 2009 par rapport au précédent. Les Etats-Unis ont eux continué à évoluer négativement, mais de manière ralentie.