Des avoirs en hausse et une rentabilité sous pression. Les tendances bien établies dans la gestion de fortune ces dernières années sont visibles dans les résultats 2019 de Pictet, dont les principaux chiffres ont été publiés mercredi matin. Le groupe bancaire genevois affiche un bénéfice net en baisse de 9,5% à 539 millions de francs. Selon le communiqué, ce recul s’explique par des investissements dans les infrastructures et les recrutements: 374 engagements nets ont été effectués en 2019, pour un effectif total dépassant 4500 collaborateurs au 31 décembre dernier.

Au premier semestre 2019, le bénéfice consolidé avait reculé de 17% sur un an à 265 millions de francs, pour des charges en hausse de 1% et des revenus opérationnels en baisse de 5%. Ces derniers se sont finalement repliés de 2,4% sur l’année, à 2,629 milliards.

Plus de 70 milliards d’actifs nets en cinq ans

La tendance est inverse concernant les avoirs confiés à Pictet, qui atteignaient 576 milliards fin 2019. La progression de 80 milliards enregistrée sur un an s’explique d’une part par la progression des marchés l’an dernier, après le recul observé fin 2018, et d’autre part par 25 milliards d’apports nets, enregistrés dans les trois métiers du groupe l’an dernier, précise le communiqué (gestion d’actifs, gestion de fortune et asset services). Variable très observée dans la gestion de fortune, les apports nets de capitaux s’étaient élevés à 1 milliard en 2018, 14,1 milliards en 2017, 16,3 milliards en 2016 et 20,2 milliards en 2015.

Le 22 janvier, l’Union bancaire privée (UBP) avait elle aussi fait état d’une progression de sa masse sous gestion, qui dépassait 140 milliards de francs fin 2019 (+10,6%) grâce à des apports nets de 4,5 milliards de francs. Le bénéfice net avait pour sa part reculé de 7% à 187,8 millions, influencé mercredi par des événements exceptionnels. Lundi, Julius Baer, qui ne fait que de la gestion privée, avait dévoilé un recul de 37% de son bénéfice net 2019 à 465 millions de francs, malgré une progression de 12% de ses avoirs, à 426 milliards de francs.

Fin programmée des énergies fossiles

Ce mercredi, Pictet a également annoncé vouloir arrêter d’investir ses propres capitaux dans les énergies fossiles, c’est-à-dire sa trésorerie ou des investissements d’amorçage destinés à soutenir le lancement de projets. Ces sommes représentaient 250 millions de francs fin 2019 et devraient tomber à zéro fin 2020. Cela ne signifie pas que les clients du groupe ne pourront plus investir dans la production de pétrole, de gaz ou de charbon bitumineux s’ils le souhaitent. Mais les capitaux contrôlés directement par Pictet ne seront plus orientés vers les énergies fossiles, précise un porte-parole.