Finance

Pictet domine le marché des fonds verts

Plus de 32 milliards d’euros étaient investis dans des actions et obligations durables en 2017 en Europe. Et la Suisse est toujours parmi les leaders

Entre 2016 et 2017, le marché de la finance verte a progressé de 49% en Europe, une croissance quatre fois plus importante que celle des fonds européens cotés. Mercredi, le centre de recherche français Novethic, spécialisé dans la transition énergétique, a publié son dernier rapport sur le sujet. Et se félicite que la finance environnementale, cette «petite goutte verte» qui est sur les lèvres de tous les banquiers, soit en progression.

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Trois sociétés suisses dans le top 10

Si le nombre de fonds verts est passé de 164 à 176 en un an, c’est surtout le montant des encours qui s’est accru de plus de 10 milliards d’euros à 32 milliards au total. Comme l’année dernière, c’est Pictet qui est en tête du classement, avec trois fonds verts qui gèrent près de 6 milliards d’euros d’actifs. Pour Dominique Blanc, directeur de la recherche de Novethic, si la banque privée genevoise est en tête, c’est grâce à son fonds Pictet-Water, créé en 2000, spécialisé dans l’eau. «Depuis près de vingt ans, ce fonds résiste à tous les courants boursiers, ce qui explique son succès», explique cet expert.

Deux autres suisses font aussi partie du top 10: RobecoSAM, à Zurich, ainsi que Swisscanto, qui vient de faire son entrée à la dixième place avec une performance de 16,5%, supérieure à la moyenne du secteur, à 10,6%.

Gestion de l’eau

Si Pictet est en tête du classement, la France est, devant la Suisse, le pays qui compte une majorité de fonds verts sous gestion, essentiellement grâce à BNP Paribas et ses fonds Aqua et Parvest Aqua, qui ont désormais la taille critique pour être proposés dans des portefeuilles bancaires classiques. Chez BNP, la moitié des investisseurs de ces fonds sont ainsi des particuliers.

De quoi les fonds verts sont-ils constitués? En majorité il s’agit d’actions, dans des secteurs d’activité aussi variés que l’eau, le traitement des déchets, les technologies vertes ou les entreprises aux pratiques éthiques et durables. Avec plus de 11 milliards d’euros d’encours en Europe en 2017, l’eau est le domaine qui attire le plus les investisseurs environnementaux. Pour faire son rapport, Novethic a analysé le contenu de chaque fonds et a fait la distinction entre le marketing vert et les véritables produits environnementaux. C’est pourquoi, sur les 220 fonds recensés, seuls 176 ont été retenus.

Malgré leur augmentation, ils ne représentent encore que 0,3% du volume total des fonds cotés sous gestion en Europe

0,3% seulement

Dominique Blanc souligne également les résultats prometteurs des fonds low carbon (carbone faible), liés à des indices spécifiques, dont les encours ont doublé en 2017, et qui ont fortement séduit les investisseurs. Ce sont deux sociétés françaises, Amundi et BNP, qui sont pour l’instant les seules à les proposer.

Novethic, une filiale de la Caisse des dépôts créée en 2001, se félicite de la croissance du marché des fonds verts pour soutenir la transition écologique. Dominique Blanc relativise tout de même cette évolution: «Malgré leur augmentation, ils ne représentent encore que 0,3% du volume total des fonds cotés sous gestion en Europe, souligne-t-il. Il y a encore une belle marge de progression, surtout qu’ils représentent une vraie opportunité pour les gestionnaires.»

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