La banque Pictet «ne fait l’objet d’aucune accusation de la part des autorités américaines pour violation de la législation de ce pays», a affirmé la banque dans une prise de position dimanche. Elle «n’est pas dans le collimateur de l’IRS», le fisc américain, précise-t-elle suite à la parution d’un article dans la SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche.

Selon les deux hebdomadaires, qui se basent sur des documents judiciaires américains, le nom de la banque aurait été découvert par hasard au cours d’une enquête pour fraude fiscale, concernant «deux hommes d’affaires soupçonnés d’avoir caché des millions de dollars en Suisse sous le couvert de sociétés écrans», selon les deux journaux. L’argent serait passé d’UBS à Pictet en 2009. Interrogée par les deux journaux il y a deux semaines, la banque avait nié toute affaire.

Demandes «vaines»

Cette affaire a entraîné une demande d’entraide administrative de la part des Etats-Unis, à laquelle Pictet a répondu en fournissant «en novembre 2010 l’intégralité du dossier relatif à cette affaire». Avant d’ajouter: «Après l’affaire UBS, Pictet & Cie, allant au-delà de ses obligations légales, a demandé aux actionnaires de ces sociétés suisses de nous confirmer qu’ils étaient en règle avec le fisc américain. Après plusieurs demandes vaines auprès du gérant indépendant qui contrôlait ces clients, Pictet a finalement pris la décision en 2010, avant réception de la demande d’entraide administrative, de clôturer les comptes en question.» Pour l’établissement genevois, l’affaire «a été traitée en pleine conformité avec les exigences légales américaines et suisses».

L’ASB veut un accord global

Cité par les deux hebdomadaires, Patrick Odier, président de l’Association suisse des banquiers (ASB), n’a pas voulu commenter la situation de Pictet. Mais il a affirmé: «On ne peut exclure que d’autres procédures visent des instituts helvétiques. Il est dès lors d’autant plus important de trouver un accord global pour tous les établissements.» Les autorités américaines ont déjà dans leur viseur onze banques, dont aucune n’est basée à Genève.

Le lobbyiste s’est également exprimé sur l’accord fiscal avec l’Allemagne. Un échec «serait fatal à la place financière», estime Patrick Odier. «Il n’existe pas d’alternative à cette convention.» Interrogé sur la menace d’un refus de l’accord devant le Parlement fédéral, il relève qu’il est impensable que des partis puissent torpiller l’objectif commun de garantir l’attrait de la place économique afin de sauvegarder des emplois. «L’accord constitue la meilleure solution afin de tirer une fois pour toutes un trait sur la question des avoirs non déclarés au fisc», assure-t-il.