Et maintenant, 100 milliards de dollars! Qualcomm, le géant américain des microprocesseurs pour téléphone, a récemment appris à ses dépens qu’on ne plaisante pas avec les règles de la concurrence en Chine: il a écopé, en février, d’une amende de 975 millions de dollars. Désormais, il doit livrer une bataille juridique contre une société chinoise qui affirme posséder l’antériorité de la marque dans le pays. Genitop Research, groupe shanghaïen qui développe des logiciels de traitement de l’information et des puces à semi-conducteurs, affirme que son nom chinois, Gaotong, a été usurpé par Qualcomm. Il a demandé une compensation de 16 millions de dollars. Mais hier, l’avocat de la société a subitement fait monter les enchères: il s’apprête à réclamer une «pénalité administrative» de 100 milliards de dollars! La loi chinoise prévoirait en effet des sanctions à hauteur de trois fois la valeur des ventes de l’entreprise dans le pays, et Genitop, pour justifier son calcul, se fonde sur trois années d’exercice de Qualcomm en Chine.

Une demande évidemment excessive, mais qui illustre le fait que le géant américain est actuellement dans une position de faiblesse stratégique dans le pays. Non seulement l’amende dont il a écopé en février a pesé sur son image, mais ce bras de fer intervient dans un contexte très tendu entre Pékin et Washington. La Chine travaille actuellement à un projet de loi anti-espionnage qui prévoit des dispositions jugées inacceptables aux Etats-Unis. Les autorités centrales de la Chine entendent développer des spécificités pour tous les produits technologiques vendus en Chine, permettant en particulier un accès aux contenus qui y sont échangés. Une façon pour le régime d’étendre sa surveillance des télécommunications dans le pays, mais aussi de pousser ses propres sociétés sur son marché, en évinçant les géants américains de la hi-tech.

La fausse bonne nouvelle des exportateurs japonais

A priori, les statistiques diffusées ce matin par Tokyo semblent signaler une bonne santé du commerce extérieur japonais et soutenir la thèse d’une reprise économique saine dans le pays après une année 2014 de stagnation. Pour le sixième mois d’affilée, les exportations du pays, calculées en valeur, ont ainsi progressé, en glissement annuel, de 2,4% en février. Les analystes avaient plutôt anticipé un léger recul de 0,6%. Pour justifier cette performance, le ministère des Finances pointe notamment le bond de 14%, en valeur, des envois de marchandises en direction des Etats-Unis, où la croissance encouragerait la consommation de produits et composants «made in Japan». Les exportations vers l’Amérique du Nord de berlines fabriquées dans des usines japonaises auraient été particulièrement soutenues, avec une hausse sur un an de 19%. Toutefois, les états-majors des grands groupes du pays ne font que peu de cas de ces données en valeur, qui sont brouillées par la dépréciation continue du yen face aux autres grandes devises de la planète. Ils s’intéressent plutôt aux statistiques en volumes, qui rendent mieux compte de l’état des commandes passées à leurs usines installées dans l’Archipel. Et les chiffres sont alors beaucoup moins satisfaisants. Si le secteur automobile a sécurisé une hausse du nombre de ses véhicules exportés vers plusieurs marchés, notamment vers l’Amérique du Nord, la plupart des industriels ont vu leurs exportations reculer en volumes en février. Cette baisse est même de 2,1% à l’échelle du pays. Les envois de marchandises ont plongé de 22,7%, en volumes vers la Chine, au moment où la deuxième puissance économique de la planète célébrait son nouvel an et passait moins de commandes. Les exportations vers le reste de l’Asie ont aussi perdu 3,4%, sans qu’aucun facteur exceptionnel ne puisse vraiment justifier une telle baisse.

La baisse de l’euro, un casse-tête chinois

A l’heure où ses propres coûts de production sont à la hausse, la Chine digère mal la baisse de l’euro. Selon l’agence Xinhua, c’est Sheng Danyang, le porte-parole du Ministère chinois du commerce, qui l’a reconnu. Depuis le début de l’année, la baisse de la devise européenne face au yuan a été de 12,66%. Par rapport à mai 2014, elle est de plus de 20%. Sheng Dayang constate que la compétitivité prix des produits «made in China», sur le sol européen, a donc été affectée par cette récente évolution. Plus impensable encore, il s’inquiète de la concurrence des produits européens sur les marchés tiers, qui représente un défi pour les exportateurs chinois positionnés sur les secteurs à forte valeur ajoutée. En revanche, il insiste sur l’opportunité que représente cette tendance au plan financier: avec une devise européenne faible, les entreprises chinoises voient leur pouvoir d’achat augmenter en Europe. Ce qui les incite encore plus aux acquisitions et aux prises de participation dans des sociétés du Vieux Continent.

Kim Jong-un prépare sa première sortie à l’international

Jeune, Kim Jong-un faisait du ski, sous un nom d’emprunt, dans les montagnes suisses. Puis, rentré à Pyongyang près de son père, Kim Jong-il, il a limité les déplacements à l’étranger. Et depuis décembre 2011, date de son intronisation à la tête de la dictature nord-coréenne, il ne s’était jamais aventuré hors de son pays. Hier, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a officiellement confirmé que Kim Jong-un allait faire sa première grande sortie à l’international en prenant part le 9 mai prochain, à Moscou, à la cérémonie du 70e anniversaire de la victoire de l’ex-Union soviétique contre l’Etat allemand nazi. Le rendez-vous aurait été validé, en fin de semaine dernière, lors d’une rencontre entre Sergueï Lavrov et Ri Su-yong, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères alors en visite dans la capitale russe. Selon Moscou, les dirigeants de 26 pays ont déjà confirmé leur participation aux cérémonies du 9 mai. Kim Jong-un pourrait notamment y rencontrer le président chinois Xi Jinping avec lequel il n’a encore jamais pu dialoguer directement malgré la force des liens stratégiques qui unissent encore les deux nations.

Les investisseurs étrangers parient sur les services chinois

La tendance des capitaux étrangers à se ruer en Chine a certes ralenti au cours des dernières années, mais à y regarder de près, ce n’est pas vrai de tous les secteurs d’activité. Au cours des deux premiers mois de l’année, les investissements directs étrangers ont connu une hausse de 17% dans leur globalité, mais de 30% pour le secteur tertiaire. Désormais, la majorité (61%) des financements accueillis en Chine est dirigée vers les services, contre 33% pour l’industrie. Cette tendance semble confirmer le fait que les investisseurs internationaux ont intégré, dans leur réflexion stratégique, le virage stratégique que tente d’opérer l’économie chinoise. Après avoir misé de façon excessive sur l’industrie, le pays fait face à des situations de surcapacités et doit laisser s’opérer une restructuration de son secteur manufacturier. Il table, en revanche, sur l’expansion des services, corollaire à l’urbanisation des modes de vie. C’est l’une des rares tendances encourageantes que connaît l’économie du pays actuellement: au milieu de statistiques décevantes, la croissance du secteur tertiaire ne se dément pas. Elle présente un avantage évident pour Pékin: les services sont pourvoyeurs d’emplois. C’est leur bonne tenue qui a permis d’éviter, jusqu’à présent, un dérapage du chômage.