Horlogerie

Pierhor renonce à l’indépendance et rejoint Acrotec

Le fabricant de rubis synthétiques est la douzième entreprise qui rallie l’empire Acrotec. François Durafourg, désormais ex-propriétaire de Pierhor, dit avoir ressenti l’envie de passer à autre chose

Rencontré lors du salon de la sous-traitance à Genève en juin dernier, François Billig avait botté en touche. Le patron d’Acrotec avait-il encore des projets d’acquisition? «Vous en saurez plus durant l’été», répondait-il laconiquement.

Jeudi, le groupe basé à Develier (JU) a annoncé le rachat de Pierhor, fabricant de rubis synthétiques pour l’horlogerie, pour un montant non dévoilé. Il s’agit de la douzième entreprise à rejoindre Acrotec, une galaxie qui compte désormais près de 750 employés pour un chiffre d’affaires annuel approchant les 200 millions de francs.

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Position consolidée

Avec cette reprise, la «fédération» assemblée par François Billig consolide sa position dans la pierre horlogère. En avril dernier, elle avait déjà annoncé le rachat de Gasser-Ravussin, société de Lucens (VD) active sur le même créneau. Avec Pierhor, basée à Ecublens (VD), Acrotec créera une «nouvelle division pierres synthétiques» qui «bénéficiera de la mise en commun des pôles techniques des deux entités et devrait ainsi mutualiser ses investissements», selon un communiqué publié jeudi. Dans les faits, le site de Lucens devrait être vendu et toutes les opérations devraient être rassemblées sur celui d’Ecublens. François Billig reconnaît que cette solution paraît logique mais ajoute que «rien n’a encore été décidé».

Dans le monde des rubis synthétiques – utilisés dans les mouvements mécaniques pour limiter l’usure des différents composants en mouvements et ainsi augmenter la durée de vie des montres –, Pierhor apparaissait comme le dernier fournisseur indépendant. Swatch Group s’approvisionne à l’interne via son entreprise Comadur et Richemont, Patek Philippe et Rolex détiennent l’entier du capital de La Pierrette, basée au Brassus (VD).

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Je n’ai pas de successeur et le marché est verrouillé… Cette vente est la meilleure solution pour Pierhor

Contacté jeudi, François Durafourg, désormais ex-propriétaire et ex-directeur général de Pierhor, affirme simplement «avoir eu envie de passer à autre chose. Il y a une logique économique de se lier à Gasser-Ravussin et cela permettra de pérenniser l’entreprise», explique-t-il par téléphone.

Et même s’il reconnaît qu’il y a eu «pas mal de difficultés ces dernières années dans le marché de la pierre d’horlogerie» – Pierhor a par exemple dû licencier 25 de ses 70 employés en 2015 –, François Durafourg assure que ce n’est pas la raison de la vente. «Je n’ai pas de successeur et le marché est verrouillé… Cette vente est la meilleure solution pour Pierhor», répète-t-il.

«Tout va devenir très compliqué pour nos concurrents»

A ses clients, François Durafourg a assuré qu’il valait mieux avoir affaire à «un seul fournisseur pérenne et solide qu’à une multitude de petites sociétés qui s’entre-tuent». Avec la force de frappe d’un groupe industriel comme Acrotec derrière lui – et les synergies qui seront réalisées avec Gasser-Ravussin –, François Durafourg assure que «tout va devenir très compliqué pour nos concurrents». Lui-même travaillera désormais pour Acrotec, où il se concentrera sur le développement des marchés non horlogers (automobile, médical, aéronautique et défense).

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