Finance

Pierin Vincenz quitte la présidence d’Helvetia

L’ancien patron de Raiffeisen, qui fait l’objet d’une enquête de la Finma, démissionne ce lundi matin du conseil d’administration qu’il préside depuis avril 2015

Pierin Vincenz, objet d’une enquête de la Finma depuis début novembre, a annoncé ce lundi matin sa démission de la présidence du conseil d’administration du groupe Helvetia afin de ne pas porter préjudice à l’image de l’assureur. Il est administrateur du groupe depuis 2000 et son président depuis avril 2015. La présidence sera assurée ad interim par Doris Russi Schurter, jusque-là vice-présidente.

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«Ces derniers jours, il est devenu clair que l’enquête de la Finma ne peut pas être accélérée et par conséquent, elle ne pourra pas être achevée avant la prochaine assemblée générale en avril 2018, explique Pierin Vincenz dans un communiqué diffusé par Helvetia lundi matin. L’incertitude et les répercussions médiatiques m’ont donc conduit à démissionner avec effet immédiat dans l’intérêt de l’entreprise. Helvetia peut donc planifier ma succession plus librement.»

D’intrigantes prises de participation

Chaque semaine de nouvelles révélations apparaissent sur les différents intérêts de l’homme qui a dirigé Raiffeisen entre 1999 et 2015, la période de forte expansion de la coopérative. La presse estime que l’enquête se concentre sur les relations avec Aduno, un prestataire zurichois de cartes de crédit, leasings et autres services, détenu à 25% par Raiffeisen.

Selon certains médias, le problème se trouverait dans des prises de participation de sociétés, dont Commtrain Card Solutions en 2007. L’ex-patron aurait profité de prendre une participation avant qu’Aduno ne le fasse afin d’encaisser une plus-value. Un cabinet d’avocats a été mandaté pour vérifier les transactions.

Soupçons de conflit d’intérêts

La participation de 15% détenue par Pierin Vincenz dans Investnet après son départ de Raiffeisen est également l’objet de débats. Cette société prend des participations dans des PME dont certaines sont proches de Raiffeisen.

«Je crois que j’ai traité les conflits d’intérêts potentiels avec le soin nécessaire et j’ai donné à la Finma tout mon soutien pour l’enquête», avait déclaré Pierin Vincenz à l’annonce de l’enquête. L’assureur avait pris connaissance de l’enquête mais n’avait pas remis en question le poste.

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