C'est par une petite phrase en fin de communiqué de presse que l'on a appris lundi après-midi la démission de Gerold Bührer et de Pierre Fischer de l'instance d'admission à la Bourse suisse (SWX). Les deux hommes ont fait parler d'eux ces derniers temps par les remous qui entourent les établissements au sein desquels ils occupent une fonction importante. Le premier, président du Parti radical suisse, a dû annoncer qu'il quittait cette fonction politique en raison du scandale LTS qui a éclaté à la Rentenanstalt/Swiss Life, dont il est administrateur. Le second a occupé plusieurs mois le poste de PDG de la Banque Cantonale Vaudoise avant que l'Etat ne décide d'octroyer cette fonction à une personnalité bancaire plus expérimentée. Dans les deux cas, donc, il ne serait pas saugrenu d'imaginer un lien entre l'actualité à laquelle ils font face et leur démission de la Bourse. Pourtant, tous deux affirment que leur décision en est totalement indépendante.

Quinze personnes, représentantes de l'industrie et de la banque, sont membres de l'Instance d'admission. Pierre Fischer a été nommé lorsqu'il dirigeait la division trading de la BCV. C'est en effet traditionnellement les banquiers œuvrant directement avec la Bourse qui sont appelés à représenter leur établissement auprès de SWX. En 2001, il est nommé PDG puis en 2002 vice-président. Sa place à la Bourse fait donc moins de sens. «Mon départ était prévu de longue date», note Pierre Fischer. La BCV propose qu'Olivier Cavaleri, actuel responsable de la division trading, le remplace. Aucune décision n'a encore été prise.

Quant à Gerold Bührer, il estime aussi que l'actualité n'a rien à voir avec sa décision. «Elle était prise depuis un an. Nommé il y a huit ans, je représentais l'industrie à la Bourse. Or, j'ai quitté la société Georg Fischer à l'automne 2000. Je suis resté un peu plus longtemps car je travaillais sur les dispositions relatives à la transparence. Aujourd'hui, ce travail est fait.» Et Gerold Bührer peut partir. Les successeurs de nos deux interlocuteurs seront nommés dans les prochaines semaines.

Autres décisions

L'instance d'admission, qui s'est réunie lundi, a pris deux autres décisions. Tout d'abord, conformément à la loi sur la Bourse, les sociétés cotées sur le marché principal ne devront plus utiliser que les normes comptables IAS ou US GAAP, reconnues internationalement, dès l'exercice 2005. Cela signifie la fin des normes helvétiques RPC. Les dispositions légales spéciales pour les banques et les sociétés domiciliées à l'étranger demeurent par contre valables.

En outre, dans le cadre de la directive entrée en vigueur le 1er juillet concernant les informations relatives au gouvernement d'entreprise, l'Instance d'admission a chargé l'Institut pour la comptabilité et le contrôle de l'Université de Zurich, dirigé par Conrad Meyer, d'analyser les rapports de gestion 2002 pour s'assurer de leur conformité avec les nouveaux principes édictés par la Bourse. Cette étude sera rendue publique au deuxième semestre 2003.