Le même jour que celui de son départ de la présidence de l’Association suisse des banquiers (ASB), Pierre Mirabaud a décidé lundi de se retirer du collège des associés de Mirabaud & Cie à la fin de l’année. Âgé de 60 ans, celui-ci «a pris la décision, pour des raisons privées, de réduire de manière significative ses activités», se contente de préciser un communiqué de la banque.

Contacté lundi, Yves Mirabaud, balaie toute raison liée à l’état de santé de son oncle. Pierre Mirabaud aurait simplement souhaité «retrouver un peu de calme» et se «consacrer à sa propre clientèle, qui continuera à bénéficier de son réseau». A partir de janvier, Pierre Mirabaud occupera donc la fonction de «conseiller».

Décision de longue date

Associé depuis 1979 de l’établissement, ce banquier genevois atypique éponyme avait abandonné ses responsabilités opérationnelles en 2003, en reprenant l’étendard de l’Association des banquiers. Personnage au verbe haut, il s’est récemment illustré pour de vives reparties à la suite d’attaques allemandes contre le secret bancaire. Regrette-t-il ces propos? «Bien entendu, les propos sur la Gestapo ne correspondaient pas à ceux que l’on doit tenir dans un salon; mais j’ai appris de cette erreur», relevait-il hier à Zurich, en marge de l’annonce de son départ de l’ASB.

Une personnalité, qui, selon un bon connaisseur de la finance genevoise, pourrait expliquer des «divergences» avec les autres associés d’une banque dont il s’était éloigné pour diriger l’ASB. Yves Mirabaud se contente de rappeler que cette décision, «longtemps réfléchie, avait été prise depuis plusieurs mois».

Plus grande participation

Après le départ de Pierre Mirabaud, le collège des associés de la banque sera constitué de six personnes. D’une part, les membres actuels du comité exécutif dirigeant l’activité et la stratégie: son président, Thierry Fauchier-Magnan, entouré d’Yves Mirabaud, de Marc Pereire, ainsi que d’Antonio Palma. Actuellement associé commanditaire, ce dernier les rejoindra en tant qu’associé indéfiniment responsable. D’autre part, Thierry de Marignac et Antoine Boissier, associés ayant une activité «plus directement orientée vers la clientèle», selon Yves Mirabaud.

Une réorganisation qui augure de la nouvelle structure du capital sur laquelle les associés planchent depuis «plusieurs mois» et qu’ils espèrent pouvoir finaliser «après l’été». L’objectif de cette réforme? Pouvoir «proposer une plus grande participation dans l’entreprise à des hauts cadres que l’on veut associer plus étroitement à la gestion de la banque», décrit le banquier de 43 ans. «Quatre associés ayant entre 56 et 60 ans, le collège va encore être amené à évoluer dans les cinq ans; mais ceci ne reflète en rien notre volonté de toucher au statut de société de personnes, bien au contraire», poursuit cet associé d’une banque gérant 20 milliards de francs pour ses clients et employant un demi-millier de collaborateurs.