Pilatus en compétition en Australie

Aviation L’avion suisse PC-21 est en concurrence avec un avion américain dérivé du PC-9

L’appel d’offres porte sur un système d’entraînement global et intégré

L’entreprise aéronautique suisse Pilatus saura ces prochains jours si elle a remporté un nouveau contrat important. L’Australie devrait annoncer prochainement sa décision après l’appel d’offres qu’elle a lancé pour équiper son aviation d’un nouvel avion d’entraînement, et Pilatus est en compétition avec son PC-21. L’annonce pourrait être faite pendant le salon aéronautique d’Avalon, près de Sydney, qui s’ouvre ce mardi, estime l’hebdomadaire spécialisé américain Defense News. Pilatus y sera bien entendu présent, avec son PC-21, ainsi que le PC-12 et la maquette grandeur nature de son jet d’affaires PC-24.

Ce qui est inhabituel, c’est que le seul concurrent de Pilatus sur le marché est basé sur le Beechcraft T-6C Texan II, qui est en fait un… Pilatus PC-9 construit sous licence aux Etats-Unis, modifié et modernisé. C’est un peu Pilatus contre Pilatus au pays des kangourous. Qui plus est, le vainqueur devra remplacer d’autres avions suisses, les PC-9, dont l’Australie avait acquis puis construit sous licence 67 exemplaires à partir de 1987.

Fidèle à sa politique d’information, Pilatus se refuse à tout commentaire tant qu’un contrat n’est pas signé. Les seuls renseignements disponibles proviennent des partenaires auxquels l’entreprise de Stans est associée pour l’opération australienne. En fait, et c’est une tendance actuelle, ce n’est plus simplement le modèle d’avion qu’on choisit, mais tout un système d’entraînement global et intégré, y compris les installations au sol, qui est ensuite confié à une entreprise ou un groupe privé.

Pilatus s’est associé au géant américain Lockheed Martin et à l’australien Hawker Pacific pour faire son offre, sous le label Team 21. L’entrée en service est prévue pour 2018. Le contrat porterait sur une enveloppe globale de 2,5 milliards de dollars australiens (1,85 milliard de francs) pour un nombre d’exemplaires non communiqué.

Cette association peut se targuer d’un atout et d’une expérience locale qui peuvent s’avérer décisifs: elle gère déjà l’entraînement des pilotes de Singapour avec dix-neuf PC-21 et, vu l’exiguïté du territoire de la cité-Etat asiatique, ces avions sont stationnés en Australie, sur la base militaire de Pearce, au nord de Perth, où se déroule toute la formation. Le contrat a été conclu en 2006 pour vingt ans. Pilatus fournit les avions, Hawker Pacific gère la maintenance et Lockheed Martin Australie assure le leadership sur l’ensemble du système. La Royal Australian Air Force pour sa part fournit les instructeurs de vol. Le PC-21 est capable d’assurer l’entraînement pour les chasseurs sophistiqués de cinquième génération, comme le très controversé Lockheed Martin F-35 Lightning II, commandé par l’Australie.

Basé sur le même principe, le groupe concurrent est mené par British Aerospace Systems, et il propose le Beechcraft T-6C Texan II. Construit à plus de 800 exemplaires, cet avion avait remporté en 1995 l’énorme contrat conjoint pour l’entraînement de l’US Air Force et de l’US Navy. Début 2014, la Nouvelle-Zélande a acheté onze T-6C, actuellement en cours de livraison, également dans le cadre d’un système intégré. La question de savoir si cela pourrait avoir une influence sur la décision australienne reste ouverte.

La gamme des avions d’entraînement militaires à turbine place l’entreprise nidwaldienne en ­position de leader mondial dans ce domaine. Elle vient d’annoncer que le centième PC-21 était sorti de la chaîne d’assemblage final la semaine dernière. Il sera livré à l’Arabie saoudite, qui en a commandé 55 exemplaires. Cette ­machine est aussi le millième «turboprop» d’entraînement fabriqué par l’avionneur.

Le seul concurrent de Pilatus est basé sur le Beechcraft T-6C Texan II, qui est en fait un… PC-9 «modifié»