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Le pilier 3a certes, mais plutôt avec des ETF?

Le rendement après les frais est souvent modeste dans la prévoyance. Les pistes pour y remédier sont innombrables

L’objectif de prévoyance est rendu attrayant par des avantages fiscaux (déduction de 6768 francs), mais il est souvent miné par l’étroitesse des rendements après la prise en compte des frais. Et encore, les produits basés sur des fonds mixtes (actions/obligations) ont longtemps profité de la hausse des actions ainsi que des obligations. Mais qu’adviendra-t-il si le changement de tendance sur les taux d’intérêt est durable?

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Les acteurs du marché 3a proposent en général 4 à 5 stratégies différentes en fonction de la propension au risque et de la capacité à prendre des risques. Le pire est actuellement de se laisser tenter par un compte 3a compte tenu du taux d’intérêt extrêmement bas depuis que la BNS a décidé d’adopter des taux d’intérêt négatifs.

0,5% seulement sur un compte 3a

Le taux est d’environ 0,5% sur un compte 3a alors qu’il dépassait 2% il y a cinq ans. Les écarts entre les offres les plus généreuses et les moins attractives demeurent énormes. La Banque de l’État du Tessin offre 0,825%, Credit Agricole 0,7%, Banque CIC et WIR Bank 0,65%, selon une enquête du site cash.ch. Les plus bas sont Sarasin (0%), Banque Alternative Suisse (0,125%), Liberty et Lienhard Privatbank (0,2%). «Jamais les taux des comptes 3a n’ont été aussi bas», selon le site.

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Les produits liés à des fonds mixtes n’offrent pas des rendements énormes, mais ils offrent au minimum 2% par an sur le long terme. Attention toutefois aux frais! Certains ne tiennent pas seulement en compte les frais de gestion, mais ajoutent même des frais sur les transactions financières.

Les produits des grandes banques

Credit Suisse offre par exemple sept produits différents, du plus risqué au plus défensif: Citons le rendement de CSF Mixta-LPP Index 45 (qui contient 40 à 50% en actions): 4,03% par an net de frais sur les 3 dernières années (à fin novembre), avec un coût total (TER) de 0,9% par an. UBS dispose, lui, de la gamme UBS Vitainvest, basée sur des fonds mixtes dont trois sont axés sur la Suisse et cinq sur le monde. Plus la part d’actions et de monnaies étrangères est élevée et plus les fluctuations sont fortes.

Selon une vaste comparaison des rendements effectuée par VZ en 2016 (à fin novembre) et depuis le 1er janvier 2010, il ressort que la meilleure performance en 2016 est celle d’un produit de Raiffeisen, le Raiffeisen Index Fonds Pension Growth, avec un rendement de 3,3% (avec 67% en actions), devant un produit Swisscanto, le BVG 3 Index, avec 45% en actions et une performance de 2,96%. Le troisième meilleur rendement est celui du CSA Mixta LPP, avec 35% en actions, qui a présenté une performance de 2,75%, le quatrième de Postfinance, Pension 25, avec une part stratégique en actions de 25%, et un rendement de 2,57%, soit le même rendement qu’un produit UBS, UBS Vitainvest 75 World.

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En 2016, selon la comparaison réalisée par VZ, la pire performance est celle du produit UBS Vitainvest 75 Swiss, avec -2,49%. Le résultat traduit la faible performance des grandes valeurs suisses en 2016.

Depuis 2010, le meilleur rendement annuel des solutions de prévoyance 3a, à fin novembre, est celui de CSA Mixta BVG-Index 45 (4,55% par an), devant Swisscanto BVG 3 Portfolio 45 (4,26%), UBS Vitainvest 50 World (4,18%), Bâloise BVG Mix 40 Plus (4,03%).

La moins bonne performance depuis 2010 provient du CSA Mixta BVG Basic (2,11%), une solution où la part de l’immobilier et des hypothèques est de 45%.

Le coût inférieur des ETF

Globalement, sur les 15 dernières années, les solutions avec compte ont apporté un rendement moyen de 1,64%, contre 2,49% en moyenne pour les solutions 3a liées à des titres, cela malgré le fait que les 10 dernières années ont été particulièrement turbulentes sur les marchés boursiers.

«Ces stratégies de prévoyance sont mises en œuvre à travers des fonds mixtes, mais leurs coûts sont très différents et généralement supérieurs aux ETF», selon Roland Bron, directeur de VZ pour la Suisse romande. Ce dernier constate que «les frais des prestataires sont très différents, souvent intransparents et difficiles à comparer».

Nous constatons que les solutions de VZ elles-mêmes ne sont pas contenues dans la comparaison des performances. Le groupe nous explique chaque épargnant présente sa propre performance en fonction des ETF qu’il a sélectionnés. Les frais de la solution 3a chez VZ se montent à 0,68% p.a. (all-in-fee, donc avec les frais de gestion, de dépôt et de transaction), les frais des ETF (qu’on doit ajouter) se montent dans la moyenne à 0,2%. À noter que l’investisseur peut modifier son profil ou changer des ETF une fois par mois sans frais supplémentaires.

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VZ privilégie précisément une solution avec 9 à 11 ETF ou fonds indiciels, en actions, obligations et dans l’immobilier. Le coût de l’ETF est de 0,2% en moyenne par an. En privilégiant la solution des ETF, l’épargnant accroît son rendement d’environ 0,3 à 0,6% par an sans augmenter ses risques, selon VZ. Mais l’épargnant ne peut lui-même choisir l’État au sein des milliers disponibles sur le marché.

Evidemment, le choix du produit dépend de l’horizon temporel de l’épargnant. S’il investit dans une optique à court terme, par exemple 3 ans, il lui est recommandé un 3a basé sur un compte. Mais au-delà de 5 ans, il devient pertinent de profiter de toute la gamme de placements. On analyse alors le profil de risque. Par exemple, si l’épargnant a 50 ans et un horizon à 15 ans, il peut, si sa capacité de risque le permet, investir une grande partie du portefeuille en actions (jusqu’à 80% au maximum). «Depuis l’année dernière, il est possible chez VZ d’investir plus de 50% en actions, ce qui est conseillé si l’horizon de placement est suffisamment long, idéalement au moins 10 ans. Deux nouvelles stratégies ont été lancées dans cette optique», explique Roland Bron.

Il est toutefois préférable de respecter une certaine continuité dans sa stratégie d’investissement. Mieux vaut définir le niveau de risque et s’y tenir

En fonction des conditions du marché, l’épargnant peut d’ailleurs modifier tous les mois la composition de son portefeuille sans occasionner de frais supplémentaires. «Il est toutefois préférable de respecter une certaine continuité dans sa stratégie d’investissement. Mieux vaut définir le niveau de risque et s’y tenir», selon Roland Bron. L’investisseur doit aussi savoir s’il est prêt à accepter de fortes fluctuations de cours ou s’il dort mieux s’il adopte un profil plus défensif. Il faut aussi regarder le contexte. S’il dispose déjà d’une fortune importante à côté du 3a, la situation n’est pas la même que si l’essentiel de sa fortune est dans le troisième pilier.

Si les taux d’intérêt changent vraiment de tendance, spécialement aux Etats-Unis, il faut savoir que le taux offert sur le 3a basé sur les comptes ne sera pas touché. Ce dernier est fonction des taux à court terme en Suisse.

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