Le plus grand gestionnaire de fonds obligataires du monde, l’américain Pimco, a liquidé en janvier et février tous les titres de dette de l’Etat fédéral de son principal fonds, a indiqué le groupe mercredi. De 53 milliards à zéro Selon des données publiées sur le site internet de Pimco, la part de ces titres «liés à l’Etat» a été ramenée à 0% au 28 février dans le Pimco Total Return Fund, qui contrôle 236,9 milliards de dollars sur le total des plus de 1.200 milliards que le groupe a sous gestion. Au 31 décembre, ce fonds avait encore quelque 53 milliards de dollars de ces titres de dette. Ils comprennent principalement les obligations du Trésor, mais aussi celles d’organismes parapublics ou d’autres titres garantis par l’Etat.

Bons du Trésor jugés surévalués

Cette décision n’est pas une surprise, dans la mesure où le gestionnaire de ce fonds et fondateur de Pimco, Bill Gross, avouait publiquement depuis plusieurs mois sa désaffection pour la dette du Trésor. Il estimait ces bons du Trésor nettement surévalués, dans un contexte d’achats de ces titres par la banque centrale (Fed).

«Les rendements des bons du Trésor sont peut-être de 150 points de base soit 1,5 point de pourcentage trop élevés quand on les regarde dans un contexte historique et qu’on les compare avec une croissance nominale du PIB prévue de 5%», écrivait-il vendredi dans sa lettre mensuelle aux investisseurs.

La Fed, difficile à remplacer

Selon ses calculs, la Fed achète actuellement l’équivalent de 70% des émissions de dette du Trésor, et les investisseurs étrangers dont les banques centrales les 30% restants.

La Fed a prévu d’arrêter fin juin, quand elle aura atteint un total de 600 milliards de dollars, ses achats de ces titres. «Qui achètera des bons du Trésor quand la Fed ne le fera plus?», s’interrogeait Bill Gross.