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L’assureur chinois Ping An propose l’app médicale Good Doctor. Ses algorithmes peuvent analyser les photos que lui envoient les patients pour diagnostiquer 23 affections simples. Good Doctor propose aussi des consultations en ligne avec un réseau de…
© Florence Lo / Reuters

Technologie

Ping An, le géant chinois de l’intelligence artificielle

Ce groupe chinois basé à Shenzhen a automatisé la déclaration de sinistres, le diagnostic de maladies et l’octroi de prêts. Il s’appuie pour cela sur l’intelligence artificielle

La voiture a été emboutie par-derrière et le coffre est complètement détruit. Le conducteur sort de son véhicule, prend une photo et l’envoie à son assureur par le biais d’une app. Ce dernier va comparer l’image avec les millions d’autres photos de voitures endommagées figurant dans sa base de données afin de déterminer, grâce à un algorithme, l’ampleur des dégâts et ce que la réparation va coûter. Avant même que le véhicule ne se soit fait remorquer, la victime a reçu le montant qui lui est dû par l’entremise d’un virement bancaire mobile.

Lire aussi: Intelligence artificielle: et si la Chine prenait le lead?

Logiciel d’analyse des micro-expressions faciales

Ce service futuriste est proposé aux 166 millions de clients de l’assureur chinois Ping An. Le conglomérat, fondé en 1988 à Shenzhen, est actuellement le numéro un mondial de l’assurance, devant l’allemand Allianz et le français Axa. En 2017, ses revenus se sont élevés à 975 milliards de yuans (153 milliards de francs).

«Sa particularité est d’avoir investi massivement dans le développement d’outils d’intelligence artificielle», relève Paul Haswell, du cabinet d’avocats hongkongais Pinsent Masons, qui suit cette entreprise de près. La société a notamment développé un logiciel d’analyse des micro-expressions faciales, comme les clignements de l’œil ou les tics involontaires. Elle s’en sert pour étudier les déclarations de sinistre que ses assurés lui envoient par vidéo, afin de détecter s’ils disent la vérité.

Maladies analysées à distance

Ping An possède aussi un bras médical, appelé Good Doctor. Ses algorithmes peuvent analyser les photos que lui envoient les patients pour diagnostiquer 23 affections simples, comme l’eczéma ou la maladie pied-main-bouche. Elle possède aussi un outil qui examine les radiographies pour détecter la présence de nodules signalant un cancer du poumon, bien avant que ceux-ci ne soient détectables par un humain.

«L’intelligence artificielle est particulièrement efficace lorsqu’il s’agit d’analyser des images, que ce soient des radios, des photos de problèmes dermatologiques ou de l’imagerie générée lors de l’examen de tissus au microscope», fait remarquer Jean Gabriel Jeannot, médecin et spécialiste de la santé numérique.

Good Doctor propose aussi des consultations en ligne avec un réseau composé de plus de 1000 médecins et permet de prendre rendez-vous dans l’un des 3100 hôpitaux ou l’une des 1100 cliniques qui lui sont affiliés. L’app vend en outre des médicaments et des compléments alimentaires. Et elle comprend un forum sur lequel les internautes peuvent discuter sur des questions de santé. L’énorme quantité de données médicales générées par l’app pourrait à terme être utilisée pour alerter les autorités quant à la présence d’un début d’épidémie et permettre la mise en place de mesures préventives, promet l’entreprise.

«Il s’agit d’un portail complètement intégré: l’usager y trouve tous les services médicaux dont il pourrait avoir besoin», détaille Paul Haswell. Cela profite particulièrement aux nombreux Chinois vivant dans des zones rurales ou des petites villes où il n’y a pas assez de médecins. «Ce genre de service à distance convient particulièrement pour les soucis de santé bénins, les maladies chroniques ou les consultations de suivi», juge Jean Gabriel Jeannot. La plateforme, qui compte plus de 193 millions d’usagers, vient de se coter à la bourse de Hongkong. Cela lui a permis de lever 1,1 milliard de dollars et a suscité une véritable frénésie auprès des investisseurs, parmi lesquels figure l’assureur helvétique Swiss Re.

Des prêts bancaires en quelques minutes

Une autre licorne appartenant à Ping An, la plateforme de prêts peer-to-peer et de gestion de fortune en ligne Lufax, mise elle aussi sur l’intelligence artificielle. Ses clients peuvent s’authentifier grâce à des outils de reconnaissance faciale et vocale. Ces derniers sont également utilisés pour approuver un prêt, autoriser un retrait d’argent et prévenir la fraude bancaire.

«Leur taux de précision atteint 99,8% pour la reconnaissance faciale et 99,7% pour la reconnaissance vocale», indique la société dans un communiqué. Ces outils permettent à Lufax de traiter quelque 50 000 demandes de prêt par jour, en ne consacrant que quelques minutes à chacune d’entre elles.

La firme, qui a investi 50 milliards de yuans (8 milliards de francs) durant la dernière décennie pour développer ce vaste arsenal d’outils intelligents, s’en sert même à l’interne. Ses employés doivent se faire identifier chaque jour à leur arrivée au bureau, grâce à un système de reconnaissance faciale et vocale. Cela les empêche de demander à un collègue de pointer à leur place pour échapper à la séance du matin.

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