En décembre 2014, au moment de son introduction en bourse, Lending Club faisait figure de symbole des promesses des fintech, ces sociétés promettant de révolutionner l’industrie financière grâce aux nouvelles technologies. Un an et demi plus tard, l’entreprise californienne se retrouve dans la tourmente. Lundi, elle a remercié son fondateur et directeur, le français Renaud Laplanche. Cette annonce surprise a entraîné une chute de près de 35% de l’action à Wall Street.

Fondé en 2006 à San Francisco, Lending Club est le pionnier et le leader américain du prêt sur Internet. La plate-forme permet à des particuliers d’emprunter jusqu’à 35000 dollars, remboursables sur deux, trois ou cinq ans. Elle ne sert qu’intermédiaire. Les fonds sont apportés par d’autres particuliers et, de plus en plus, par des établissements bancaires et des investisseurs institutionnels. L’an passé, 8,3 milliards de dollars ont été ainsi prêtés.

Action divisée par cinq

Introduite à 15 dollars, l’action de Lending Club s’était envolée à près de 28 dollars. Elle vaut désormais moins de 5 dollars. En dix-huit mois, la capitalisation de la société a ainsi été divisée par plus de cinq. En cause: les incertitudes sur le potentiel à long terme du marché.

Officiellement, le départ de Renaud Laplanche n’est pas lié aux performances boursières. Le conseil d’administration lui reproche deux faits. D’abord, ne pas avoir divulgué qu’il possédait des parts dans un fonds dans lequel Lending Club s’apprêtait à injecter des fonds. Ensuite, avoir couvert ou autorisé «une vente de 22 millions de dollars de prêts risqués à un investisseur unique, en contravention avec les instructions expresses de l’investisseur».

Si la société n’a pas fourni d’explications plus détaillées, cette opération «non conforme» coïncide avec un ralentissement du taux de croissance. L’encours des prêts accordés a progressé au cours des trois premiers mois de l’année. Mais à un rythme moins élevé. Comme l’ensemble du secteur, Lending Club peine en effet à trouver de nouveaux investisseurs pour financer ses prêts, notamment parce que le taux de défaut a tendance à progresser. L’entreprise a relevé à trois reprises ses taux d’intérêt depuis le début de l’année.

Rivaux en difficulté

Lending Club souffre moins que ses rivaux. La semaine dernière, Prosper a annoncé un plan social, prévoyant le licenciement de plus d’un quart de ses salariés. Au premier trimestre, les sommes prêtées par cette société non cotée ont chuté de 12%. Quelques jours plus tôt, On Deck, spécialiste des prêts aux petites entreprises, avait fait état d’un déclin de l’intérêt des investisseurs.

Ces acteurs doivent aussi faire face à un possible renforcement de la réglementation. Le congrès américain réfléchit aux avantages et aux risques liés aux prêts sur Internet. Cela pourrait déboucher sur de nouvelles règles et une supervision renforcée.


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