Au cœur des marchés

Le pire n’est jamais certain

Les ménages ont réduit leurs allocations en actions et obligations depuis dix ans, se préparant à une baisse des marchés. Mais depuis 1995, un portefeuille équilibré surperforme par rapport à un profil défensif

Il y a dix ans, la faillite de Lehman Brothers plongeait l’économie mondiale et les marchés financiers dans l’une des pires crises de leur histoire. Au-delà de la faillite d’une banque «systémique» et des pertes financières qu’elle a engendrées, c’est la faillite de tout un système, incapable d’anticiper et de gérer de tels risques, qui a suscité la défiance des investisseurs.

Aujourd’hui, le traumatisme demeure encore important dans leur esprit en raison, d’une part, des nombreuses «répliques» de la crise, à l’instar de la crise européenne en 2011, et, d’autre part, du fait qu’ils sont conscients que les politiques monétaires menées pour en venir à bout ont peut-être involontairement semé les germes de la prochaine crise.

Pas d’exubérance irrationnelle

Ainsi, malgré les records enregistrés par Wall Street, les investisseurs n’ont cessé de réduire le risque au sein de leur portefeuille. C’est ce que révèlent les données de l’OCDE sur l’allocation du patrimoine financier des ménages puisque, ces dix dernières années, les dépôts et les fonds de pension sont les seules catégories à avoir progressé dans le portefeuille des ménages, et ce, au détriment des actions et des obligations.

Les investisseurs demeurent donc à l’évidence toujours positionnés pour le «pire». Pourtant, s’il est certain que nous traverserons, tôt ou tard, une nouvelle récession, il est moins sûr en revanche qu’elle sera aussi intense et pénalisante pour les marchés financiers que celle de 2008.

En effet, la régulation du système financier mondial a été sensiblement renforcée, la majorité des économies mondiales ont retrouvé le chemin de la croissance et l’on n’observe pas encore de signes d’«exubérance irrationnelle» sur les marchés financiers.

L’équilibre plutôt que la prudence

Si le pire n’est donc pas certain, il n’en reste pas moins nécessaire de renforcer la résilience de son portefeuille, à mesure que nous approchons de la fin du cycle. A cet égard, les chiffres de l’OCDE sur l’évolution du patrimoine financier des ménages depuis 1995 viennent confirmer un postulat largement partagé dans le monde de la gestion d’actifs: avoir un portefeuille équilibré et bien diversifié est le meilleur moyen de renforcer la résilience de son portefeuille tout en s’assurant une croissance de son patrimoine.

En effet, l’étude comparée de l’évolution du patrimoine financier des ménages américains (profil risqué), européens (profil équilibré) et japonais (profil défensif) depuis 1995 montre que c’est le patrimoine financier des ménages européens qui a cru le plus vite, et ce, malgré le fait que l’Europe ait connu davantage de récessions que les Etats-Unis sur cette période.

Dans le contexte incertain que nous connaissons actuellement, il convient donc plus que jamais de garder ce fait à l’esprit. Nous continuons ainsi à privilégier les actions, mais nous avons également graduellement augmenté le poids des obligations américaines ces derniers mois afin de pouvoir continuer à conjuguer résilience et croissance dans nos solutions d’investissement.

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