Les marchés actions américains ont ouvert en hausse mardi, alors que deux grandes banques de Wall Street s’apprêtaient à publier les premiers résultats pour le premier trimestre. Ces chiffres fournissent une première indication sur l’impact du coronavirus, et surtout sur la façon dont les grandes entreprises voient l’avenir.

Des analystes s’attendent à ce que les bénéfices des entreprises soient pratiquement divisés par deux cette année. Ce genre de prévision se révélera peut-être futile, puisque l’écart entre les estimations de bénéfices les plus basses et les plus élevées aux Etats-Unis n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui.

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JP Morgan a lancé la saison des résultats à Wall Street ce mardi 14 avril, en annonçant une chute de 69% de son bénéfice net pour le premier trimestre, à 2,9 milliards de dollars, par rapport à l’année précédente. Il s’agit du premier recul de son profit depuis le quatrième trimestre 2017.

Revenus record dans le trading

Entre janvier et mars, la première banque américaine selon la taille des actifs a multiplié ses réserves par six, à 8,3 milliards de dollars, souligne l'AFP. Sur ce total, 4,4 milliards doivent faire face à des non-remboursements de crédits à la consommation et 2,4 à des faillites d’entreprises qui se sont endettées auprès de JP Morgan. Le patron de la banque, Jamie Dimon, s’attend à une récession qualifiée de «sévère». Les revenus de la division dédiée aux consommateurs ont chuté de 95%.

Dans le même temps, les opérations de trading ont généré des revenus record de 7,23 milliards de dollars pour JP Morgan. La volatilité des marchés a poussé les clients à multiplier les achats et les ventes de titres, générant des commissions pour la banque. Son action progressait de 1,6% en début de séance à Wall Street mardi.

Bénéfice divisé par 9

L’effet du coronavirus a été encore plus détonnant chez Wells Fargo, qui a vu son bénéfice divisé par neuf au premier trimestre, à 653 millions de dollars. La banque a elle aussi constitué des réserves de 4 milliards (+3,2 milliards) en vue des probables défauts de paiement de ses clients. Une dépréciation d’actifs de 950 millions a également marqué ces chiffres dévoilés mardi par l’établissement qui a suspendu les saisies des maisons dont les hypothèques n’ont pas été remboursées, toujours selon l'AFP.

En Suisse, l’éditeur de logiciels bancaires Temenos a publié mardi un résultat avant intérêts et impôts (Ebit) en baisse de 20% (-22% à taux de change constants) à 39,4 millions de dollars. La société genevoise a subi des reports de commandes au premier trimestre, à cause de la pandémie de Covid-19. Au premier trimestre, ses revenus ont reculé de 5% sur un an, à 193,7 millions de dollars.

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Temenos s’attend à un report des commandes vers le deuxième semestre et prévoit d’atteindre le creux de la vague au deuxième trimestre, selon le directeur général, Max Chuard, cité par l’agence AWP. Il ne s’attend à aucune embellie avant fin juillet. Dans le rouge en début de séance, l’action Temenos a clôturé la journée de mardi sur une progression de 1,78% à 120 francs. La plupart des principales valeurs cotées à la Bourse suisse publieront leurs résultats trimestriels lors de la deuxième quinzaine d’avril.

Mercredi, Goldman Sachs, Citigroup et Bank of America publieront leurs résultats trimestriels, tandis que les ventes au détail américaines en mars seront également dévoilées. Elles devraient avoir connu le pire déclin de leur histoire, selon les analystes financiers.