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L'investisseur zurichois Marc Faber est un habitué des prédictions catastrophistes qui s'avèrent la plupart du temps catastrophiques. Il méritait bien sa place dans notre classement.
© Scott Eells/Bloomberg via Getty Images

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Les pires classements et prévisions économiques de l’année

On dit parfois que les prévisions économiques ont été inventées pour que les astrologues n’aient plus à rougir. Nous avons décidé de sortir de notre tiroir toutes ces études catastrophiques ou classements douteux qui n’auraient jamais dû en sortir. Florilège

Dans l’art de prédire le futur, on a souvent moqué le match serré que se livrent météorologues et économistes pour la place de pires prévisionnistes du monde. La comparaison est injuste, la météorologie a beaucoup progressé ces dernières années.

Des analyses catastrophiques, classements douteux ou prédictions fausses dès leur énonciation, les rédactions en reçoivent toute l’année. La plupart du temps, les journalistes les ignorent poliment. Mais comme on est en période de Fêtes (et que Le Temps a bonne mémoire), nous avons décidé de vous en offrir un petit échantillon. Pas la peine de nous remercier.

Le Brexit n’aura pas lieu

Cette palme-ci devrait être collective. On ne compte plus les analystes qui se sont risqués à parier sur la non-réalisation du Brexit. Un certain nombre d’entre eux ont aggravé leur cas largement après la victoire des eurosceptiques dans les urnes. Une mention spéciale pour eux. Citons notamment les auteurs du rapport «Bretreat», de Credit Suisse, qui pariaient fin octobre sur une «transition douce» qui maintiendrait le statu quo jusqu’en 2021. La raison? Les défis logistiques, économiques et politiques avec cette constatation naïve des auteurs de l’étude: «Les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ne semblent pas bien se passer, des critiques proviennent des deux camps.» Ce qui les laisse penser qu’un accord ne sera pas trouvé et que le Brexit n’aura pas lieu. Ils avaient raison sur un point: des critiques proviennent des deux camps.

Lire aussi:  «Moins d’une prédiction boursière sur deux s’avère correcte»

Le marché des actions va couler comme le «Titanic»

En début d’année, le marché des actions était en plein boum. En dépit de l’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis et malgré les craintes liées aux répercussions du Brexit. Une situation qui laissait penser au gourou de la finance zurichois Marc Faber que «les investisseurs sont sur le Titanic et que les actions sont sur le point de «souffrir une déchirure profonde capable de rivaliser avec les plus gros krachs de l’histoire boursière», selon un entretien qu’il a accordé à CNBC en janvier. Rebelote en septembre sur la même chaîne. «Quelque chose va se passer un jour. Ça pourrait être un défaut de crédit ou une fraude majeure ou parce que les taux vont remonter. Beaucoup de choses peuvent se passer», a évoqué l’auteur du blog «Gloom, Boom & Doom». Le marché des actions semble tenir le choc des prévisions du Dr Doom. Mais à force d’évoquer un krach tous les semestres, il finira bien par avoir raison. Tout comme ces montres cassées qui donnent l’heure exacte deux fois par jour.

Le bitcoin en hausse grâce à Trump

Fin 2016, la cryptomonnaie s’échangeait à quelque 750 dollars. Certains prédirent alors que l’arrivée de Donald Trump et de ses politiques de relance économique provoquerait une telle inflation du dollar que les investisseurs se rueraient sur des monnaies alternatives, provoquant notamment une hausse du bitcoin de 165%, à 2000 dollars, selon le rapport de Saxo Bank, repris par CNBC. Douze mois plus tard, les Américains attendent toujours l’ébauche de ce plan de relance. Le bitcoin a, lui, progressé de quelque 2100%.

Les pays anti-avortement, leaders de l’égalité

Le WEF classe la Suisse au 27e rang mondial des égalités des genres. Autrement dit, quand on est une femme, mieux vaut vivre au Nicaragua ou aux Philippines, selon les experts du Forum économique mondial. Surprenant quand on sait que l’avortement est interdit dans ces deux pays. Même en cas de viol ou de malformations congénitales dans le cas du pays centre-américain. Un pays dirigé d’une main de fer par Daniel Ortega (lui-même accusé de viol sur sa fille adoptive) depuis dix ans. Les journalistes locaux sont les premiers surpris par les résultats de cette étude qui s’appuie notamment sur le nombre de femmes au parlement ou dans les mairies. «Ce sont des postes fantoches, explique une journaliste locale au Temps. Le pire, c’est que nous avons rétrogradé en termes de santé et d’éducation. Ce qui montre bien qu’il est stérile d’avoir autant de femmes dans des postes de pouvoir.» Du côté du WEF, on explique le recul de la Suisse «notamment parce qu’il n’y a plus que deux conseillères fédérales, contre trois il y a deux ans». Il est vrai que, de son côté, Daniel Ortega a réussi à placer sa femme comme vice-présidente de la République.

Le gouvernement turc, cette valeur sûre

Le rapport provient de l’OCDE. Il mesure le degré de confiance des citoyens en leur gouvernement, en se basant sur plus de 200 indicateurs (finances publiques, intégrité des fonctionnaires, communication, etc.). Principales conclusions: Suisse et Indonésie se partagent la première place, talonnés de près par l’Inde, qui mène actuellement une réforme anti-corruption. A noter également la belle performance de la Turquie, malgré la vague de répression post-coup d’Etat et l’emprisonnement de journalistes et d’opposants. Le pays d’Erdogan est 7e, devant les Pays-Bas, l’Allemagne ou la France, dont seuls 28% des ressortissants font «confiance» à leur gouvernement fraîchement élu. Imparable.

Petrobras en «leader de durabilité»

On a un peu triché avec cette étude de RobecoSAM qui date en réalité de 2015. Mais on n’a pas résisté devant un tel classique. Après une analyse «minutieuse» de millions de données, le cabinet zurichois avait cru bon de nommer le groupe Petroleo Brasileiro (plus communément appelé Petrobras) parmi les entreprises les plus durables de son classement «Corporate Sustainability Assessment 2015». Hélas, il n’avait pu anticiper l’éclatement du scandale Petrobras, à peine quelques mois après la sortie de l’étude. La vaste trame de corruption mise en place autour de la compagnie pétrolière semi-publique permettait de financer les campagnes des principaux partis du pays. Dans la foulée, le cours de l’action avait chuté jusqu’à la catégorie spéculative et ses dirigeants ont été arrêtés les uns après les autres. Petrobras n’apparaissait plus dans les classements 2016 et 2017. L’étude a également disparu du site de RobecoSAM. Pas très durable tout ça.

Des prévisions avec moins de 1% de chances de se produire

Les prévisions économiques sont un art subtil, disions-nous en introduction. Manquez un événement majeur et soyez certain que l’on vous resservira le couplet sur ces «élites-incapables-de-comprendre-le-bas-peuple». Trompez-vous et vous aurez l’air ridicule. Le chemin est étroit, si étroit que certains analystes l’ont abandonné pour jouer les pyromanes. Saxo Bank en a même fait sa marque de fabrique en livrant chaque année ses «Outrageous Predictions», plus sagement traduites en français par «prévisions chocs», avec moins de «1% de chances de réalisation», selon ses propres auteurs. La météorologie n’a qu’à bien se tenir.

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