La manifestation alternative au WEF des «Public eye awards» est l’occasion tous les ans pour la Déclaration de Berne (DB) et Greenpeace de dénoncer les «travers» écologiques et sociaux du monde économique.

Greenpeace pense que le système est efficace, rappelant ainsi que les Forces motrices bernoises (FMB), qui avaient reçu en 2009 le prix dans la catégorie suisse pour leur investissement dans une centrale thermique au charbon en Allemagne, se sont depuis retirées à 75,1% du projet et en ont abandonné la direction.

Nominations 2010

Dans la catégorie «suisse» du «Public Eye Award 2010», les deux organisations reprochent à Roche d’avoir mené en Chine des tests sur plus de 300 organes transplantés sans savoir d’où proviennent ces derniers. Or en Chine, 90% des organes transplantés sont issus de détenus exécutés, estime la DB.

Farner PR est pour sa part épinglé pour «ses services d’espionnages en faveur des l’industrie de l’armement». Selon les représentants du «Public Eye», la société de communication a «espionné» le camp du «oui» à l’initiative contre l’exportation de matériel de guerre, une «pratique courante» aux dires de Farner PR.

Le CIO en prend lui pour son grade en raison des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver car il ne se serait pas assuré du respect des populations amérindiennes. Une grande partie des sites de compétition se trouvent en effet sur des territoires indigènes dont le statut juridique n’est pas clarifié. «D’énormes» zones boisées auraient en outre été rasées sans que leurs propriétaires soient dédommagés.

Arcelor, GDF et Royal Bank of Canada

Le «Global Award» du «Public Eye» blâme lui des entreprises étrangères. Les nominés de l’édition 2010 sont les groupes français Arcelor Mittal et GDF Suez, ainsi que la Bank of Canada.

Arcelor Mittal «décline toute resonsabilité» dans la pollution causée par l’une de ses usines métallurgiques en Amérique du sud, déplorent la DB et Greenpeace. GDF Suez participe lui financièrement à la construction d’une centrale électrique qui «détruit l’environnement le long du fleuve brésilien Madeira et déplace des populations». La Royal Bank of Canada aurait elle accordé des crédits «irresponsables».

La «pire entreprise», toutes catégories confondues, recevra en outre le «People’s Award». Le «vainqueur» sera désigné à l’issue d’un vote sur internet qui dure jusqu’au 26 janvier.

Labels douteux

Pour la première fois, les organisateurs attribueront aussi un «Greenwash Award» pour les «labels écologiques et sociaux les moins crédibles». Dans cette catégorie, la «Table ronde pour un soja responsable», l’organisation Promotion santé suisse et le «Mandat pour l’eau» de l’ONU se disputeront la palme.