«La mondialisation, et après…» a le mérite de rappeler que de nombreuses injustices se perpétuent et empêchent des pays en développement de décoller. En conclusion de son livre, Peter Niggli énumère seize pistes comme des «alternatives concrètes à la politique dominante actuelle pour parvenir à un monde plus juste».

L'ouvrage fait état du scandale de la dette qui paralyse de nombreux pays du Sud. L'Afrique a reçu 540 milliards de dollars en prêts entre 1970 et 2002. Durant cette même période, elle a remboursé 550 milliards. Mais fin 2002, elle affichait encore une ardoise de 295 milliards! A ce sujet, Peter Niggli plaide pour l'instauration d'une procédure internationale d'insolvabilité, qui garantirait un minimum vital aux pays débiteurs en cas de cessation de paiement. Un tel projet existe, mais il dort dans les tiroirs du Fonds monétaire international (FMI). Les Etats-Unis y sont opposés.

Le livre dénonce l'absence de la démocratie au sein du FMI. Le pouvoir de décision est concentré aux mains de quelques pays riches. Toutes les initiatives visant à changer cette structure ont été vaines. Selon Peter Niggli, il faut renforcer les Nations unies par rapport au FMI mais aussi à la Banque mondiale et à l'OMC. Par rapport à cette dernière, il déplore que face à la résistance des pays émergents, les pays industrialisés proclament, à titre préventif, qu'ils ne se plieront pas aux décisions majoritaires. Le cas échéant, ils poursuivront des négociations à l'extérieur de l'organisation.