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Au moment où les conséquences désastreuses de la mauvaise gestion financière de certains pays nous persécutent, et où les pratiques de quelques banquiers peu scrupuleux s’ajoutent aux critiques et à la réputation médiocre de l’ensemble de «l’industrie financière globale», la place financière suisse pourrait avoir toutes les chances d’être en position de pointe. Ce, en raison de ses atouts majeurs que sont sa solidité financière et politique, sa stratégie de «know your client» et son ouverture unique et incomparable vers le monde entier (multilinguisme, possibilité de s’adapter et de fournir des services en fonction des différentes cultures, juridictions et monnaies).

Néanmoins, de nouvelles initiatives pourraient contribuer à promouvoir, mieux encore, notre place financière; elles pourraient être développées par des efforts coordonnés de politiciens et des milieux diplomatiques et économiques suisses. Voici un éventail non exhaustif de réflexions et suggestions.

– «Longue vie au secret bancaire suisse!» Le secret bancaire est l’expression de la reconnaissance prépondérante de la sphère privée ainsi que de la propriété de l’individu, face au pouvoir de l’Etat. Le secret bancaire est l’une des caractéristiques phares de notre place financière qui mérite d’être défendu dans son sens le plus pur. Le monde entier va suivre de près l’évolution de la jurisprudence suisse sur les violations récentes du secret bancaire: un soutien fort et sans ambiguïté serait au bénéfice de notre image nationale.

– «Le client est roi.» Les critiques féroces, stigmatisant la fiscalité des avoirs gérés depuis la Suisse ont certes surpris et ont provoqué une renégociation des accords réglementaires et fiscaux entre la Suisse et ses partenaires internationaux. Les projets «Rubik» et la multitude de conventions de double imposition témoignent de la fidélité des financiers suisses vis-à-vis de leurs clients, de leur rapidité d’adaptation et ont été orchestrés avec l’assistance des instances gouvernementales. Ils permettent de maintenir la position proéminente de la place financière helvétique en matière de gestion d’actifs.

– «Le service de qualité du Swiss Banking s’exporte.» Le succès des banquiers privés suisses a incité plusieurs concurrents à venir s’établir sur le sol helvétique. Alors que ce modèle d’affaires évolue, quelques-uns songent aujourd’hui à s’en retirer, n’y ayant jamais été réellement engagés à long terme; quand bien même les profits escomptés par d’autres services bancaires, éloignés des intérêts des clients privés, peinent à offrir une alternative valable. Le «Swiss private banking service» à son tour pourrait s’exporter car il a le pouvoir de se reproduire partout où la notion de conservation du patrimoine est défendue. A quand alors l’ouverture de plus de bureaux de banques suisses, aux endroits de prédilection de leur clientèle préférée, à Park Avenue, à Bond Street, à la place Vendôme ou au Bund?

– «Liberté, égalité, transparence!» La transparence fiscale aboutira à comparer plus librement les performances financières des investissements à niveau international. Il convient donc de maximiser nos efforts pour améliorer notre performance et d’obtenir pour les produits financiers suisses une plus grande réciprocité de traitement et d’accès. Une telle évolution permettrait de développer davantage, depuis la Suisse, les échanges financiers mondiaux, tout en évitant de faire appel à des places secondaires qui proposent la domiciliation avant l’expertise financière.

– «Experts financiers du monde, soyez les bienvenus!» Les financiers suisses ont réagi avec une «proactivité» impressionnante face aux nouvelles conditions-cadres que leur imposait la globalisation. Toutefois, une concentration de notre place financière paraît inévitable, provoquant des pertes d’emplois alarmantes, notamment parmi ceux qui assurent aujourd’hui son infrastructure. Cherchons donc à offrir aux talents étrangers souhaitant s’établir en Suisse un cadre d’accueil propice, tout en renforçant notre image de «centre d’expertise». La concurrence ainsi importée pourrait stimuler la performance financière de nos gestionnaires et l’implantation de nouvelles entités offrirait des postes de travail à ceux qui sont menacés par la restructuration de la place financière.

– «Vive le dollar et ceux qui le régularisent.» Au cours des dernières décennies, le dollar a bien défendu, dans le monde entier, son statut de monnaie de référence. Cette position a été utilisée récemment, dans des buts politiques et fiscaux, pour viser des banques suisses. Ces mêmes autorités (tout comme l’OCDE) apparaissent curieusement moins concernées par les flux financiers, toujours croissants, liés au trafic international des stupéfiants. Inutile de rappeler que la consommation de drogue provoque pour nos économies une surcharge écrasante (trop importante pour être financée par des hausses d’impôts) des coûts de l’assistance sociale, de la santé et de la sécurité. En tant que membre de l’OCDE, hôte de l’ONU et de 170 missions diplomatiques, la Suisse pourrait être à l’origine d’une initiative financière et diplomatique mondiale de pionnière, visant à identifier et à éradiquer les flux liés à ce trafic. Une telle démarche devrait contribuer à rehausser la renommée internationale de la Suisse, qui, à l’heure actuelle n’est pas reconnue à sa juste valeur de place financière de première importance internationale, comme le démontre le fait qu’elle soit rarement invitée aux réunions du G20. Cette initiative aurait, de plus, l’avantage d’envoyer un message fort en direction de nos pays «amis» qui semblent trop hésiter à nous accorder leur soutien, succombant même parfois au «Switzerland bashing».

– «Ouverture au monde.» Par la reconnaissance de notre «know-how» suisse, nos diplomates, nos banquiers et nos régulateurs de la Finma devraient davantage s’associer pour renforcer nos échanges avec les pays en forte croissance économique, comme, par exemple, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), ou ceux anciennement soumis au joug soviétique, avides à collaborer avec notre place financière comme tremplin pour leur propre progrès international.