Extension de la crise immobilière américaine, amortissements par milliards et incertitude générale: le climat de la place financière suisse n'échappe pas à la morosité ambiante depuis plusieurs mois. C'est ce que vient confirmer le nouvel indicateur bancaire de l'Institut de recherches conjoncturelles de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (KOF). Sur la base des enquêtes du mois d'avril, celui-ci s'inscrit en nette baisse pour le premier trimestre 2008.

Globalement, l'indicateur bancaire, qui se base sur les réponses d'une centaine d'établissements helvétiques, a reculé à une valeur proche de zéro sur une échelle de plus ou moins 100. Ses deux composantes, à savoir l'appréciation de la situation économique et les perspectives d'emploi, participent également à la baisse. La première reste toutefois légèrement positive, alors que la seconde est maintenant en territoire négatif.

Pendant les premiers mois de la crise des marchés financiers, l'indicateur de climat des affaires s'était maintenu à un niveau élevé. L'évolution actuelle montre donc une dégradation rapide qu'un responsable du KOF attribue aux nouvelles difficultés annoncées récemment par les deux géants bancaires helvétiques UBS et Credit Suisse.

«L'indicateur bancaire KOF n'est pas déconnecté de la réalité économique, au contraire», souligne l'institut zurichois dans son bulletin du mois de mai. «Il a toujours été synchronisé avec d'autres informations qui confirment le climat dans le secteur bancaire suisse.»

Appréciation subjective

Par rapport à d'autres données, l'indicateur bancaire présente une qualité essentielle: son degré d'actualité. En effet, si les banques, les compagnies d'assurances et autres sociétés financières publient des chiffres plus précis, ceux-ci ne sont disponibles qu'avec un certain décalage.

Le KOF utilise donc une série d'enquêtes qualitatives réalisées directement auprès des acteurs de la place financière, qui constitue une appréciation peut-être subjective. L'évolution de l'indicateur présente aussi une forte corrélation avec le taux de croissance annuel de l'indice Swiss Performance Index (SPI).