Eternelle rivale de Hongkong passée sous le giron de la Chine, Singapour a mis sur pied un important programme de restructuration. Cette réforme du cadre qui régit le secteur financier constitue une rupture avec la politique passée axée sur un contrôle contraignant et conservateur de l'industrie. L'objectif consiste à offrir aux participants sur le marché plus de liberté, de transparence et de compétition.

En décembre 1999, les Bourses des futures (Simex) et du cash (SES) ont fusionné pour diminuer les coûts, accroître leur agressivité commerciale et mettre sur le marché de nouveaux produits. En octobre 2000, l'industrie assistait à la complète libéralisation des commissions de courtage. Un an plus tard, en novembre 2000, la nouvelle entité boursière était cotée. En parallèle, le Singapore Exchange n'a cessé de multiplier les partenariats, d'accès croisés notamment, avec des Bourses étrangères, comme celles de Paris, d'Australie ou encore du Japon. D'autres alliances devraient encore voir le jour, notamment avec l'American Stock Exchange (Amex) pour coter et commercialiser des exchange-traded funds (EFTs) sur le plan local.

Cette plus grande ouverture de la Bourse s'accompagne d'une libéralisation du système financier dont un des objectifs majeurs consiste à offrir aux banques étrangères davantage de liberté et d'emprise sur la place de Singapour – par le biais de plus grandes prises de participation dans des banques locales par exemple. Par ailleurs, la banque centrale a décidé récemment d'émettre pour la première fois des bons du Trésor à dix ans afin de faciliter les émissions privées en établissant une référence sur le marché de la dette. La politique de non-internationalisation du dollar singapourien, destinée notamment à contrer les attaques spéculatives, a également été assouplie même si, aux yeux du FMI, l'avancée est encore trop timide.