Diverses études démontrent que, à long terme, le rendement des actions est supérieur à celui des livrets d'épargne et des obligations. La notion de long terme est essentielle à cet égard. Tôt ou tard, le cours de la plupart des actions se ressaisit. Qui plus est, lorsque la tendance s'inverse, les plus-values permettent, dans les mois qui suivent, de compenser jusqu'à 50% des pertes subies. La Bourse anticipe par ailleurs les changements économiques environ douze mois à l'avance. A vrai dire, tous les investisseurs sont conscients de la volatilité des marchés boursiers et du fait que, à un moment donné, toute crise a une fin. Reste que l'investisseur moyen ne se comporte pas comme il devrait. Dans la plupart des cas, il adopte un comportement procyclique, à savoir qu'il vend lorsque les cours baissent et qu'il achète lorsqu'ils montent. La raison à cela est psychologique.

L'hystérie collective à laquelle on assiste souvent sur les marchés boursiers a, par le passé déjà, provoqué de graves dommages si l'on songe notamment à la bulle Internet qui a éclaté à la fin du siècle dernier. Or, il existe un certain nombre de moyens permettant de déjouer les pièges psychologiques qui guettent l'investisseur. En premier lieu, il s'agit de prévenir les erreurs de raisonnement en évitant par exemple de suivre des tendances sous prétexte qu'elles sont qualifiées comme telles par certains experts.

Dans l'immense déluge d'informations, il est essentiel d'identifier celles qui disent réellement quelque chose sur les perspectives de réussite d'une société ou d'un secteur particulier. A cet égard, les meilleures sociétés de fonds disposent d'un énorme avantage grâce aux milliers d'analystes qu'elles emploient. Cet avantage, il faut l'exploiter. En second lieu, un investisseur doit s'efforcer d'agir le plus possible sans émotion. La cupidité pousse à faire des achats «erronés» en cas de hausse des cours, la peur à des ventes précipitées en cas de baisse. S'il est vrai que certaines personnes ont du flair pour les placements, il n'en reste pas moins que se fier aux faits plutôt qu'à son intuition est plus sûr. L'homme est un animal grégaire, à savoir qu'il ne se sent jamais aussi bien que lorsqu'il est avec des gens qui pensent comme lui. Or, c'est justement ce besoin de conformisme qui déclenche les psychoses collectives. Un investisseur qui performe ne s'aligne pas sur les autres. Il recueille ses propres informations, procède à ses analyses et prend ses décisions. Cela exige toutefois du courage et une grande confiance en soi.

Outre la psychologie, d'autres aspects doivent cependant être pris en compte. Comme indiqué plus haut, la bourse est soumise à des fluctuations à long terme, ce qui implique la mise en place d'une stratégie de placement efficace à long terme. Il s'agit ensuite de suivre fidèlement cette stratégie et de ne pas la changer à la moindre incertitude. On se contentera seulement de corriger les erreurs évidentes. Une autre formule est la diversification. Celle-ci doit être exploitée au maximum, à savoir qu'elle doit s'étendre à toutes les catégories de placement (actions, obligations, immobilier, etc.) et, à l'intérieur de chacune d'elles, à divers secteurs d'activité et marchés. Si tous les investisseurs privés et institutionnels observaient ces aspects, des crises comme celle que nous vivons pourraient être évitées.