La baisse continue des taux d’intérêt depuis plus d’une vingtaine d’années a fortement influencé l’allocation stratégique des institutions de prévoyance. Devant des attentes de rendement qui n’ont cessé de baisser, elles ont été forcées de progressivement augmenter le risque de leurs placements afin d’assurer le financement des prestations.

En analysant l’évolution de l’allocation d’actifs des caisses de pension, on constate que l’accroissement des placements risqués s’est fait en plusieurs étapes et a été conditionné par l’évolution des marchés. Jusqu’à la crise de 2008, la prise de risque supplémentaire s’est essentiellement traduite par l’accroissement des placements en actions et en immobilier suisse ainsi que par l’introduction d’obligations d’entreprises dans les portefeuilles. Après 2008, refroidis par le risque «actions», mais toujours contraints par des exigences élevées de performance, les investisseurs institutionnels ont cherché à accroître la diversification de leur portefeuille en se tournant vers l’immobilier international et certains placements alternatifs tels que la dette privée ou le private equity. Parallèlement à ces nouveaux investissements, les caisses de pension ont continué à augmenter leur exposition à l’immobilier suisse et, dans une moindre mesure, aux actions.