Pour combiner économies de carburant, moindre pollution et confort d'utilisation, seule la voiture hybride semble en mesure d'apporter une solution. Comment fonctionne-t-elle? Au démarrage, le moteur électrique assure la mise en mouvement jusqu'à des vitesses élevées, puis le moteur thermique prend le relais. En phase de décélération et de freinage, l'énergie cinétique sert à recharger les batteries.

L'hybride permet une diminution d'environ 20% de la consommation et des émissions polluantes, sans sacrifier pour autant la performance et l'autonomie. Le coût élevé a longtemps freiné son succès commercial, mais nous pourrions assister à une envolée de la demande. Pionnier incontestable, Toyota a vendu près de 500000 Prius depuis son lancement en 2004. Avec un moteur moins encombrant et moins coûteux attendu en 2008, le groupe prévoit de doubler sa production à 600000 unités par an et d'effacer le différentiel de prix avec les modèles à essence. Constructeur mondial, Toyota a opté pour une motorisation essence (pas de diesel au Japon et aux Etats-Unis), d'où des résultats mitigés en matière de pollution.

Plus européen, Peugeot s'est longtemps retranché derrière sa position de numéro un des moteurs diesel pour contester l'intérêt de la solution hybride. A juste titre, Peugeot souligne la part croissante de ses voitures diesel qui émettent moins de 120 grammes de CO2 par kilomètre. Mais, face à une véritable vogue de l'hybride et vu l'intérêt des législateurs, Peugeot se doit de réagir. Son association récente avec Ricardo (ingénierie motoriste) nous incite déjà à rêver d'une future voiture hybride diesel. La récupération d'énergie grâce au moteur électrique permettrait à Peugeot de fabriquer les voitures les moins polluantes du monde... Un slogan dont «l'enjeu économique» vaut sûrement la chandelle, car de tels investissements ne sont pas innocents! La motorisation hybride commence à remplir les caisses. Avec plus de 26000 unités vendues en août dernier en Amérique, fini les anecdotes. Certes, nous sommes encore loin du succès d'une Ford Taurus (850000 par an), mais de tels gains peuvent susciter des envies. D'ici à la fin de la décennie, Toyota n'envisage-t-il pas des ventes mondiales proches du million d'exemplaires par an?

La flambée des prix du pétrole aura au moins eu un mérite, celui de stimuler la recherche et l'investissement sur les énergies alternatives. Désormais sortie de l'ombre aux Etats-Unis, l'hybride n'est plus un phénomène de foire qui voyage de salon en symposium. A quand la conquête de l'Europe? A quand la voiture hybride dans nos garages?