Les marchés asiatiques chutaient fortement vendredi dans la matinée. Ils suivaient le mouvement des bourses européennes et américaines déprimées la veille par les perspectives inquiétantes de l’économie mondiale et la santé budgétaire vacillante de pays européens.

Vers 4h15, la bourse de Tokyo dévissait de 3,36%, tombant à des niveaux inconnus depuis les jours qui ont suivi le séisme dévastateur du 11 mars. Sydney plongeait de 3,93%, se retrouvant au plus bas depuis deux ans, Hongkong perdait 4,02%, Séoul 2,91% et Shanghai 1,82%.

«Pendant toute la journée, le marché sera sans doute dominé par l’aversion au risque et tous les yeux vont se tourner vers les chiffres du chômage et de l’emploi aux Etats-Unis» pour juillet, dont la publication est attendue à 14h30 suisses, a estimé Kintai Cheung, économiste à la banque Crédit Agricole.

Les investisseurs y chercheront des indices de l’état de la première puissance économique mondiale, dont la croissance, anémique au premier semestre, ne cesse pas d’inquiéter.

Jeudi, les grandes places européennes ont toutes lâché plus de 3% en clôture. A New York, l’indice Dow Jones a lâché 4,31%, sa pire perte depuis février 2009, tandis que les bourses des pays émergents d’Amérique latine ont été touchées par une vague de pessimisme inédite depuis la crise financière de l’automne 2008.

«Nous avons assisté à un pic des craintes quant à une récession aux Etats-Unis et à propos de la crise de la dette en Europe qui affecte la Grèce, le Portugal, l’Irlande et s’étend à l’Espagne et à l’Italie», a commenté John Kyriakopoulos, de la National Australia Bank.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a tenté de rassurer en annonçant de nouveaux achats sur le marché de la dette. Mais sa décision n’a pas eu l’effet apaisant escompté auprès d’investisseurs hantés par l’envol des taux obligataires espagnols et italiens.