Les consommateurs japonais peuvent continuer à déprimer. Le nouveau plan de relance de l'économie nipponne, annoncé vendredi, ne devrait pas beaucoup les inciter à sortir leurs yens (lire ci-dessous).

Alors que l'indice boursier Nikkei est au plus bas depuis quinze ans et que les indicateurs virent au rouge les uns après les autres, le gouvernement de l'Archipel a surtout cherché à rassurer les marchés financiers. Plutôt que de recourir, comme elle le fait en vain depuis dix ans, à l'injection massive de fonds publics dans l'économie, l'administration s'est cette fois contentée de préconiser une accélération des réformes dans le secteur bancaire plombé par les mauvaises créances, et de suggérer des mesures fiscales de soutien au marché très déprimé de l'immobilier. Un organisme public doit en particulier être créé pour racheter aux banques et entreprises en restructuration leurs participations croisées dans leurs ex-filiales, dont le dénouement pèse sur la Bourse de Tokyo.

De la part du très impopulaire premier ministre, Yoshiro Mori, dont la démission prochaine est acquise et pourrait intervenir ce week-end, ces demi-mesures ne sont pas très étonnantes. Après avoir épuisé les relances et tenté sans succès de jouer sur les taux d'intérêt, le Japon de ce début 2001 ne sait plus que faire pour raviver sa machine économique déprimée. Le yen flanche face au dollar. Sa dette publique colossale, supérieure à 120% du produit intérieur brut, lui interdit l'arme budgétaire. Sa banque centrale, obsédée par les risques de déflation, est sur la défensive. «Ce dernier plan vise avant tout à gagner du temps. Sans relève politique, l'électrochoc économique est impossible», commente l'économiste Kenneth Courtis, de Goldman Sachs Tokyo.

Ce qui ne manque pas d'inquiéter. Les factions du Parti libéral-démocrate au pouvoir ne parviennent en effet toujours pas à s'entendre sur le nom d'un successeur à Yoshiro Mori. Au risque d'accroître l'incertitude sur la santé financière du pays, que le ministre des Finances, Kiichi Miyazawa, a lui-même qualifiée jeudi de «proche de la catastrophe».