La mise à la disposition de la Grèce de 30 milliards d’euros par l’Eurogroupe (les 16 pays de la zone euro) en 2010, annoncée dimanche, a eu l’impact recherché. Le taux d’intérêt sur les obligations helléniques à 10 ans a chuté, passant de 7,1% vendredi à 6,6% lundi. La monnaie unique a aussi repris quelques couleurs.

Un tel plan était attendu depuis janvier et sa concrétisation a été saluée par la Commission européenne, par la Banque centrale européenne ainsi que par le Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci s’est déclaré prêt à participer au plan de sauvetage. A Athènes, les autorités ont également salué l’annonce. Selon elles, le plan veut surtout calmer les marchés qui, depuis trois mois, testent la crédibilité d’une action commune de la zone euro. Pour le premier ministre Georges Papandréou, «cette aide est comme un fusil chargé posé sur la table à l’intention des spéculateurs».

50 milliards en 2011

Toutefois, l’euphorie manifestée lundi matin à l’ouverture des marchés s’est estompée au fil de la journée. Le taux d’intérêt a remonté légèrement et les places boursières en Europe ont abandonné les gains enregistrés dans la matinée. Des déclarations contradictoires en Allemagne, poids lourd de la zone euro et qui devrait débourser la plus grande partie des 30 milliards d’euros si le plan d’aide était actionné par la Grèce, ont fait planer des doutes.

Berlin ne cache pas son souhait que la Grèce se débrouille sans l’enveloppe européenne. «Le fait qu’un extincteur soit accroché au mur ne fournit aucune information sur la probabilité de son utilisation», a commenté le porte-parole du gouvernement. Par ailleurs, un professeur de droit, eurosceptique connu, a annoncé son intention de contester toute aide allemande à la Grèce devant la Cour constitutionnelle.

Selon plusieurs analystes, le plan européen ne rassure pas totalement par son manque de détails. Il mentionne le montant de 30 milliards d’euros pour 2010 auquel s’ajouteraient un prêt de 15 milliards du FMI et la dizaine de milliards déjà levés. Mais ne dit rien pour la suite. L’an prochain, Athènes aura besoin de près de 50 milliards d’euros pour rembourser ses dettes qui arrivent à maturité. La participation du FMI reste également à définir alors même qu’à Washington, une porte-parole de l’institution affirme qu’aucune demande d’aide ne lui a été adressée à ce jour.

Le scepticisme demeure également à propos des perspectives à long terme de l’économie grecque. Plusieurs économistes affirment que l’aide européenne évite le spectre de la faillite immédiate de l’économie, mais que celle-ci est loin d’être assainie pour gagner la confiance des investisseurs. Le pays a accumulé une dette de 300 milliards d’euros, 111,8% de son produit intérieur brut (PIB) en 2010 et son déficit public était de 12,9% du PIB en 2009.