Assouplissement monétaire

Le plan de Mario Draghi a redonné confiance à la zone euro

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, tire un premier bilan positif et exige la poursuite des réformes

Le plan de Mario Draghi a redonné confiance à la zone euro

Assouplissement monétaire Le président de la Banque centrale européenne tire un premier bilan positif

Mario Draghi exige la poursuite des réformes et loue l’exemple portugais

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, s’est déclaré satisfait du démarrage de son programme d’assouplissement monétaire. «Le rachat d’obligation d’Etat qui a débuté le 9 mars se poursuivra à hauteur de 60 milliards d’euros par mois jusqu’en septembre 2016, et au-delà si nécessaire, a-t-il affirmé lundi devant le Parlement européen. Je ne crois pas à une pénurie de titres à acheter sur le marché ces prochains mois.» Selon lui, le retour de l’inflation, ce qui est le premier objectif du programme, se fera lentement mais sûrement. De presque 0% en 2015, le taux d’inflation devrait atteindre 1,5% en 2016 et 1,8% en 2017. Soit juste au-dessous de la limite de 2% fixée par le Pacte de stabilité.

Mais Mario Draghi n’était pas attendu lundi au Parlement européen que sur l’inflation. C’est pourquoi il a d’emblée fait comprendre que l’impact de la politique monétaire de la BCE commençait à se montrer également sur le plan de la croissance. «Les perspectives s’améliorent non seulement à cause du retour graduel de la confiance dans la zone euro, mais aussi à cause d’autres facteurs: des taux d’intérêt très bas, une monnaie européenne faible, ce qui avantage les exportations, et des produits énergétiques 50% moins chers en l’espace de quelques mois. C’est dans ce contexte global que la BCE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2015 et 2016. «Le rebond est bien là, a-t-il dit. Pour preuve, le flot de crédit, notamment aux PME, augmente. A moyen terme, c’est la production de richesse qui va inévitablement augmenter.»

L’heure n’est toutefois pas encore à la fête. Pour Mario Draghi, ces bonnes nouvelles ne doivent en aucun cas freiner les réformes structurelles en cours pour rendre la zone euro plus compétitive. «Atteindre les objectifs du Pacte de stabilité, c’est-à-dire un déficit budgétaire ne dépassant pas les 3% du PIB et un endettement limité à 60% du PIB, doit être maintenu à tout prix», a averti le président de la BCE. Selon lui, il faut continuer à renforcer le marché unique, à créer un environnement propice pour attirer les investissements et, enfin, à moderniser le marché du travail de sorte que les employeurs n’hésitent pas à embaucher.

Mario Draghi a invité les dirigeants politiques européens à poursuivre les réformes même si celles-ci ne sont pas politiquement payantes à court terme. Il a cité le Portugal en exemple, disant que ce pays commençait à récolter les fruits des difficiles réformes entreprises depuis quelques années.

En effet, après trois ans de récession et soumis à une sévère cure d’austérité sous la supervision de la troïka, le pays renoue avec la croissance. De 0,8% en 2014, elle devrait passer à 1,8% en 2015 et en 2016. En 2015-2017, les investissements devraient retrouver leur niveau d’avant la crise de 23% du PIB, contre 15% actuellement. Autre indicateur, le taux de chômage est passé de 17,5% en janvier 2013 à 13,3% en janvier 2015. Résultat: Standard & Poors a révisé ce vendredi sa note pour le Portugal de «stable» à «positive».

Après trois ans de récession et une sévère cure d’austérité, le Portugal a renouéavec la croissance

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