OPERATEURS DE MARCHE

La planète boursière n'en est qu'aux prémices de la consolidation

Les candidats sont nombreux à vouloir former des marchés toujours plus liquides et à rechercher les économies d'échelle. SWX se démarque par sa «philosophie de coopération».

S'il se conclut comme attendu, le mariage d'Euronext et du New York Stock Exchange (Nyse) ne soldera pas l'épopée de la consolidation boursière. La volonté de bâtir de marchés toujours plus liquides devrait pousser encore quelques-uns des 60 opérateurs que compte le monde à se rapprocher.

Dès mardi, Borsa Italiana renouvelait avec empressement ses appels du pied à Euronext. La semaine dernière, la Bourse de Milan, qui songe comme celle de Madrid à organiser sa propre cotation, avait en effet désigné l'opérateur paneuropéen comme son partenaire d'avenir privilégié, ce dont s'était félicité Euronext. Selon Antoinette Darpy, sa porte-parole, l'éventualité d'une union avec le Nyse n'entravera en rien les opportunités de développement d'Euronext en terre européenne.

Coiffée au poteau par le Nyse, Deutsche Börse se donnera vraisemblablement le temps de repenser sa stratégie. D'aucun prédisent qu'elle pourrait à nouveau solliciter, comme en 2004, un rapprochement avec la Bourse suisse. Mais jusqu'à maintenant, SWX s'est toujours déclarée attachée à son indépendance et favorable seulement à des «coopérations».

De l'autre coté de la Manche, le London Stock Exchange (LSE), qui a toujours éconduit ses prétendants, pourra-t-il s'offrir le luxe d'éluder éternellement le débat de la concentration boursière? Déjà, sans y avoir été invité, le Nasdaq s'est octroyé une participation de 25,1% dans son capital, ce qui lui donne le droit de se mêler des projets stratégiques de la Bourse de Londres. Et, dès le 30 septembre, l'opérateur américain sera à nouveau en position de formuler une offre sur l'intégralité du capital.

Le Japon n'échappe pas, bien évidemment, au rêve d'un grand marché global œuvrant 24 heures sur 24. Maintenant qu'il s'est donné le moyen de remédier à ses déficiences technologiques, le Tokyo Stock Exchange envisage très sérieusement de s'introduire en Bourse. Mais en attendant, c'est sa consœur, la vénérable Bourse d'Osaka, l'une des 5 Bourses du pays cotée elle depuis 2004, qui a profité de la spéculation. Son titre a bondi de 45% depuis le début de l'année. Citigroup n'exclut pas qu'en dépit des barrières réglementaires, le reste de l'Asie-Pacifique puisse un jour devenir aussi le terrain de rapprochements boursiers.

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