La planification financière précoce joue un rôle essentiel dans la prévoyance

En comparaison européenne, les Suisses prennent au sérieux la question du financement de leur retraite et la prise de décision d’investissement ne leur pose aucun problème, montre une étude

Responsable du commerce de détail en Suisse chez BlackRock

Face à la crise économique mondiale, les ­investisseurs recherchant des possibilités ­d’épargne se trouvent confrontés à des défis financiers et psychologiques. Les gros titres accablants ont été le lot quotidien des investisseurs durant les six dernières années. Beaucoup d’entre eux s’inquiètent et se posent des questions quant à l’insécurité persistante sur les marchés – que faire avec leur argent?

Dans ce contexte, les résultats de l’étude Global Investor Pulse*, dans laquelle BlackRock a interrogé 17 600 investisseurs âgés de 25 à 74 ans dans 12 pays différents, dont la Suisse, sur leur avenir financier, n’ont rien d’étonnant: plus de la moitié des interrogés en Europe ont déclaré avoir des craintes quant à leur avenir financier.

En Suisse aussi, le scepticisme domine à cet égard. Bien que le système de retraite helvétique soit très bien développé par rapport au reste de l’Europe, seuls 52% des Suisses adultes estiment qu’ils pourront atteindre le revenu nécessaire au moment de leur retraite.

Mais il y a de l’espoir, car il existe des mesures simples que tout un chacun peut prendre pour planifier son avenir financier. Notre étude montre que les personnes prenant au sérieux le thème de la planification financière ont plus de confiance dans leurs décisions d’épargne et d’investissements (61%), et qu’ils maîtrisent mieux leur avenir financier (56%). De l’autre côté, on trouve environ 40% de personnes qui ne se préoccupent pas de la question des finances.

Il est intéressant de voir ce qui incite les investisseurs à revoir leur planification financière sur le long terme. Plus d’un quart des interrogés en Europe ont indiqué que l’atteinte d’un certain âge (27%) ou la prise de conscience de l’imminence de l’âge de retraite (18%) était un critère décisif. Pour d’autres, la motivation réside dans des aspects financiers, comme l’achat d’un logement (19%) ou le remboursement d’une hypothèque (20%). Ce qui est inquiétant, c’est qu’une personne sur cinq a déclaré n’avoir jamais songé à la planification financière.

En comparaison européenne, les Suisses prennent au sérieux la planification financière et la prise de décisions d’investissement ne leur pose aucun problème. 64% affirment gérer avec soin leur planification financière. Cela dit, les Suisses sont peu enclins à la prise de risques financiers. 60% d’entre eux gardent leurs économies en espèces.

Nous avons également voulu connaître les sources d’informations utilisées par les investisseurs dans le domaine financier. Autrement dit: qu’est-ce qui influence leurs choix et leurs plans de placement?

Il s’est avéré que beaucoup d’investisseurs (17%) refusent de faire appel aux services des conseillers professionnels, et comptent, au lieu de cela, sur les informations provenant de leur entourage familial. Les personnes interrogées ont déclaré compter sur leurs propres idées et réflexions (41%) plutôt que sur d’autres sources. Un quart des interrogés s’informe auprès des amis et de la famille, tandis qu’un cinquième se tourne vers Internet. Une personne interrogée sur cinq consulte les magazines et les revues spécialisées traitant du thème des «finances personnelles». Autre constat alarmant: les Européens consacrent plus de temps à planifier leurs vacances (38%) qu’à revoir leur mode d’épargne et d’investissement (28%).

Compte tenu de cette attitude à l’encontre de l’avenir financier, il n’est pas étonnant que la préoccupation majeure des Européens et des Suisses soit de ne pas pouvoir satisfaire les besoins prioritaires dans la vieillesse.

Avec la prolongation de l’espérance de vie et la nécessité d’épargner pour une longue retraite, les investisseurs doivent profiter de l’allongement de la durée de vie pour optimiser leurs placements sur le long terme. C’est précisément là que le recours à un conseiller financier professionnel peut apporter une forte valeur ajoutée.

Les jeunes d’aujourd’hui peuvent bénéficier du savoir-faire et de l’expérience de leurs aînés (retraités actuels). Dans le cadre de cette étude, les personnes âgées recommandent de planifier l’avenir financier sur le long terme et d’économiser autant que possible dès que l’occasion se présente.

* En partenariat avec le cabinet d’études britannique Cicero, BlackRock a mené en 2013 une enquête dans 12 pays différents (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Taïwan, Hongkong et Australie). L’étude vise à appréhender le comportement actuel des personnes privées et à explorer de manière plus approfondie leurs habitudes d’épargne et d’investissement. En d’autres termes, identifier leurs priorités financières pour satisfaire leurs besoins et leurs objectifs dans l’avenir.

Constat alarmant: les Européens consacrent plus de temps à planifier leurs vacances (38%) qu’à revoir leur mode d’épargneet d’investissement (28%)