Horlogerie

En pleine révolution, Baselworld change de patron

La directrice générale en place depuis quinze ans, Sylvie Ritter, se retire de ses fonctions. «Je vais faire une sérieuse analyse des critiques» faites à l’encontre de la foire, promet son remplaçant Michel Loris-Melikoff

Retour à Bâle. Michel Loris-Melikoff, nouveau directeur général de Baselworld, rentre dans la ville qui l’a vu grandir et où il a fait ses études. Agé de 53 ans, il avait traversé la Sarine pour venir diriger MCH Beaulieu Lausanne. Dès le 1er juillet prochain, il retrouvera Bâle pour piloter l’actuel repositionnement de la foire horlogère et joaillière. L’information a été diffusée vendredi par MCH Group, qui gère notamment MCH Beaulieu et Baselworld.

Il remplacera Sylvie Ritter, en poste depuis quinze ans. «Après vingt-six années au sein de MCH Group – dont quinze à la tête de Baselworld – il est temps pour moi de commencer quelque chose de nouveau et de relever de nouveaux défis», commente l’intéressée dans le communiqué.

Concurrents genevois

Cette transition intervient dans un contexte difficile pour la manifestation centenaire. Entre 2017 et 2018, le nombre de ses exposants a été divisé par deux, à environ 650. Trop chère, trop déconnectée des attentes des marques, des médias ou du public, la foire doit actuellement repenser tout son fonctionnement en profondeur. Ce d’autant que son concurrent direct, le Salon international de la haute horlogerie (SIHH), basé à Genève, a jusqu’ici réalisé un sans-faute. Et qu’un concurrent joaillier, le salon GemGenève, a vu le jour au printemps au bout du lac.

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En novembre dernier, Baselworld annonçait un «repositionnement» de son concept qui passait en fait par un simple «recentrement» sur les plus grands exposants (Patek Philippe, Chopard, Rolex, Swatch Group ou LVMH). Dans les faits, tous les contours de la Foire de Bâle de demain restent à dessiner.

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Interrogé vendredi par Le Temps, Michel Loris-Melikoff assure avoir entendu tous ces reproches. «C’est vrai que nous ne sommes plus comme il y a vingt ans lorsque les exposants s’engageaient sur des périodes de cinq ans, commence-t-il. Cela dit, je ne connais pas encore tous les éléments de l’équation, mais cela fera partie de mon travail, dans les prochaines semaines, de faire une sérieuse analyse de ces critiques. Et d’en tirer les conséquences qui s’imposent.»

L’appétit dont fait preuve le bout du lac pour les salons horlogers et joailliers ne l’effraie nullement. «La concurrence, c’est toujours bien. Genève nous observe attentivement et nous faisons pareil. Mais il ne faut pas perdre de vue qui sont les plus gros acteurs du marché et où ils décident de se rendre.»

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Transition «sereine» avec Sylvie Ritter

D’ici à l’automne, Michel Loris-Melikoff présentera publiquement le nouveau visage de Baselworld. «L’édition 2018 s’est bien passée, mais nous ne pouvons pas nous reposer dessus. Maintenant, nous devons avancer de manière considérable pour imaginer le concept du futur.» Devant la charge de travail, celui qui a également géré la Street Parade de Zurich pendant six ans a annulé ses vacances d’été. «Elles auront lieu après Baselworld 2019», souligne-t-il.

Michel Loris-Melikoff affirme enfin que la transition avec Sylvie Ritter s’effectue sereinement. Et que cette dernière n’a pas été poussée vers la sortie suite aux mauvais résultats et aux nombreuses critiques enregistrés ces dernières années. «C’est avec grand regret que les membres du Comité consultatif ont pris connaissance de [son] départ, indique simplement le communiqué. Ils saluent son engagement dans le déploiement de la stratégie, dans le positionnement du salon et dans l’organisation opérationnelle en tous points remarquable de Baselworld.»

Selon L’Agefi, la directrice générale n’est pas la seule à avoir quitté son poste. La directrice de la communication, Loraine Stantzos, et le directeur des ventes, Martin Fergusson, auraient également démissionné. Deux départs dont il n’est pas fait mention dans la communication de vendredi.

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