Technologie

Plongée au cœur de la fracture numérique

Dans le cadre de la Journée du digital, «Le Temps» organisait mardi pour ses lecteurs, en collaboration avec Swisscom, une formation sur la sécurité informatique. Une façon de mesurer le niveau de connaissances technologiques de Mme et M. Tout-le-Monde

«Vous allez peut-être rire, comme l’a fait ma fille quand je lui ai posé la question… Mais je me lance… Chez moi, je vois un réseau wi-fi et un réseau Wi-Free… Comment cela se fait-il?» demande timidement une retraitée. Loyse Jaton, formatrice de Swisscom, lui répond tranquillement: «Vous captez peut-être le réseau de votre voisin… Vérifiez simplement le nom de votre propre réseau et connectez-vous à lui.»

Ce mardi matin, une trentaine de personnes étaient invitées, dans la grande salle de briefing de notre newsroom de Lausanne, à un atelier d’un type particulier. Dans le cadre de la troisième Journée du digital, organisée un peu partout en Suisse le 3 septembre, Le Temps a offert à ses lecteurs un cours de base en cybersécurité, tant sur ordinateur que sur smartphone. Il l’a fait en association avec Swisscom, qui donne régulièrement de telles formations – certaines gratuites, d’autres payantes – dans ses magasins via le programme Academy (www.swisscom.ch/academy). Le but était d’offrir des rudiments de connaissances à ces personnes, pour la grande majorité des retraités. L’occasion, aussi, de mesurer leur niveau de compréhension d’outils numériques de plus en plus complexes et d’avoir un aperçu de la fracture numérique: d’un côté des internautes aguerris, de l’autre des personnes parfois peu à l'aise face aux menaces du cyberespace.


Nos articles consacrés à la Journée du digital:


Attention aux wi-fi publics

Durant une heure, Loyse Jaton dispense des conseils de sécurité. Elle insiste sur l’importance, pour les sites web, d’afficher des certificats de sécurité, afin de ne pas tomber dans le piège de pirates ayant créé de faux sites. Elle met en garde contre les risques d’effectuer des paiements en ligne via des wi-fi publics. Et conseille de se méfier de tout e-mail prétendument envoyé par une banque ou une assurance.

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A la pause, une sexagénaire s’approche. «J’ai récemment reçu un e-mail, écrit en allemand, d’une personne qui affirmait m’avoir vu consulter des sites X et me demandait de l’argent pour effacer ses enregistrements. Du coup, je suis allée me renseigner au poste de police. Là-bas, une employée m’a conseillé de changer mes mots de passe. Vous pensez que c’est ce que je devrais faire?» Une autre s’interroge: «Comment puis-je effacer une pièce jointe louche au sein d’un e-mail sans l’ouvrir?»

Débat autour du cloud

Les questions fusent. Parfois techniques, elles témoignent souvent d’un certain désarroi par rapport à toutes les menaces qui existent. La question du stockage des données dans le cloud – en ligne – suscite un long débat. Loyse Jaton suggère aux participants de s’y mettre petit à petit, selon ses besoins, pour sauvegarder contacts ou photos. «Mais quelle garantie que mes données soient toujours sauvées dans 15 à 20 ans?» demande une femme. Un homme s’interroge: «Si j’efface des photos sur mon téléphone, sont-elles aussi effacées sur mon cloud? En aparté, une femme sourit: «Swisscom parle du cloud, mais il me semble qu’ils ont récemment effacé par erreur certaines données d’une petite partie de leurs clients?»

A ce sujet: Swisscom a effacé par erreur des données appartenant à des centaines de clients

La lutte contre le spam, une évidence pour la plupart des internautes, retient aussi l’attention de personnes qui se sentent parfois dépassées par le phénomène. Loyse Jaton conseille d’utiliser deux adresses e-mail, l’une pour sa correspondance privée, l’autre, appelée «adresse poubelle», pour s’inscrire à des concours, par exemple. «Moi, je préfère recevoir tous mes messages dans la boîte «courrier indésirable» et ensuite trier», affirme un retraité. Un autre s’interroge: «Mais comment gérer deux adresses e-mail en parallèle? Cela semble compliqué…»

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