Un prix du baril dépassant les 125 dollars n'apparaît pas (encore) comme une raison suffisante pour laisser le jet au garage. Après une année 2007 exceptionnelle, l'aviation d'affaires se porte bien. Ouvrant ses portes ce mardi à Palexpo pour trois jours, Ebace, le deuxième plus important salon dédié à ce secteur aéronautique, en est la meilleure preuve.

L'opérateur suisse d'avions privés VistaJet, doit ainsi annoncer aujourd'hui une commande de plus d'un milliard de dollars au constructeur canadien Bombardier. «Ceci concerne plus de 50 appareils», précise un porte-parole de la société. Cette expansion de sa flotte - actuellement constituée d'une trentaine d'appareils - devrait faire de cette compagnie le deuxième plus important exploitant privé d'avions d'affaires. Le numéro un, Netjets Europe, a de son côté annoncé hier la commande de 20 Falcon 2000 LX auprès de Dassault, pour environ 720 millions de dollars. «Durant Ebace, entre 2 et 3 milliards de commandes seront enregistrées», pronostique Charles Alcock, spécialiste de la chaîne spécialisée AIN TV. Cinq constructeurs - Dassault, Cessna, Gulfstream, Bombardier et Hawker Beechcraft - profitent du salon de Genève pour présenter leurs nouveaux modèles. Selon Eurocontrol, la flotte européenne de jets d'affaires devrait passer de 3000 à 4600 appareils en dix ans. «Le marché américain est ralenti par la crise financière et il reste à voir si le marché européen, l'un des plus dynamiques, pourra y échapper», tempère Charles Alcock. Seul regret, le salon n'organise pas de journée ouverte au grand public.

Contrôle d'émission de CO2

Plus que le coût du kérosène, c'est cependant la mise en place en Europe d'un système d'échange de certificats d'émission de CO2 qui inquiète le secteur. «Nous prenons nos responsabilités; ce que nous contestons, ce sont les frais administratifs extrêmement élevés du programme, en particulier pour les petites compagnies exploitant un ou deux appareils», explique Eric Mandemaker, directeur général de l'EBAA, l'association européenne de l'aviation d'affaires. Cette dernière espère faire accepter à Bruxelles, peut-être dès cette année, l'idée d'une structure chargée de collecter les données liées à tous les vols d'affaires, avant de négocier l'achat «en gros» de crédits d'émission.