Succession

Pluie de papables pour reprendre la direction de Raiffeisen

Plusieurs dizaines de successeurs potentiels sont évoqués pour remplacer le démissionnaire Patrik Gisel. Parmi eux, il n’y a qu’un Romand, Pascal Kiener, de la BCV. Et un favori, Lukas Gähwiler, d’UBS

Raiffeisen n’avait peut-être pas anticipé la démission de son directeur général – pourtant considérée comme inévitable à l’extérieur. Mais la banque s’est désormais mise au travail pour trouver un successeur à Patrik Gisel. Il avait été le bras droit de Pierin Vincenz, soupçonné de gestion déloyale par la justice zurichoise, avant de prendre la direction en 2015.

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Raiffeisen s’est ainsi offert les services d’un des chasseurs de têtes les plus en vue de Zurich, Guido Schilling. Ni ce dernier ni la banque ne donnent d’informations sur le candidat – ou la candidate – qu’ils recherchent. Mais il est clair que cette personne devra au moins remplir deux conditions principales: connaître le marché suisse et la banque de détail. Pour l’heure, Raiffeisen dit n’avoir encore rencontré aucun candidat, le processus «venant juste d’être initié». L’établissement basé à Saint-Gall s’est fixé l’objectif de trouver son nouveau directeur avant la fin de l’année, date à laquelle Patrik Gisel devrait quitter ses fonctions.

Un candidat interne?

Les papables se comptent par petites dizaines, à en croire la presse alémanique de ces derniers jours. Elle en trouve même au sein de Raiffeisen. Deux noms en particulier ont émergé, celui de l’actuel responsable des finances, Christian Poerschke, et celui du responsable de la clientèle entreprises, Urs Gauch. Le premier est entré à la banque coopérative en 2005 et occupe la fonction de CFO depuis 2015. Le second est arrivé en 2015 de Credit Suisse, où il officiait depuis trente ans, surtout dans le financement des entreprises.

Les deux figurent parmi les noms les plus mentionnés, mais leurs chances apparaissent limitées, notamment parce que la banque risque de privilégier un candidat au profil neuf, c’est-à-dire sans lien avec Pierin Vincenz. Elle n’en fait d’ailleurs pas mystère: «En premier lieu, nous cherchons à l’extérieur un président de la direction», explique une porte-parole. Quitte à ce que le processus prenne un peu plus de temps.

Une femme?

Les successeurs potentiels sont majoritairement des hommes. Mais trois femmes sont mentionnées à plusieurs reprises. Parmi elles, Sandra Lienhart, actuelle directrice générale de la banque Cler (ex-banque Coop) dont la nouvelle app bancaire, Zak, est vue comme un succès de la numérisation bancaire en Suisse. Marianne Wildi, qui dirige Hypothekarbank Lenzburg, une banque argovienne comptant 241 employés et cotée à la bourse suisse, est aussi jugée à même de reprendre les rênes de la coopérative bancaire. Enfin, Christine Novakovic, qui dirige depuis le début de cette année la division gestion de fortune Europe, Moyen-Orient et Afrique chez UBS, pourrait faire partie de la liste, même si certains lui reprochent de ne pas connaître suffisamment le marché suisse.

Moins présents encore que les femmes, les potentiels candidats romands. Seul nom apparu ces derniers jours, celui de Pascal Kiener, le directeur général de la Banque cantonale vaudoise. Les banques cantonales sont d’ailleurs un terreau où Raiffeisen pourrait aller chercher son nouveau patron, puisqu’elles partagent leur spécialisation sur le marché de détail.

Papables en vue

Dans cette avalanche de noms, qui mélangent des profils plus ou moins connus, certains n’ont plus à être présentés sur la place financière. C’est le cas de Lukas Gähwiler, ancien directeur d’UBS pour la Suisse. S’il le veut, le job est pour lui, affirme d’ailleurs le Blick. Reste à savoir si celui qui s’est retiré de l’opérationnel pour passer plus de temps avec sa famille et occupe désormais la fonction de président du conseil d’administration d’UBS pour la Suisse souhaite vraiment s’y replonger.

Le Blick affirme également que Hans Ulrich Meister, président d’Implenia, aurait un «fort» intérêt pour le job, sans toutefois citer de source. Franco Morra, qui a quitté HSBC Suisse il y a quelques mois, pourrait en outre se laisser tenter, estime de son côté le magazine Cash.

Un faux départ?

En principe, Raiffeisen a jusqu’à la fin de l’année pour se trouver un nouveau patron. C’est en effet à la fin de l’année que Patrik Gisel devrait quitter ses fonctions. Même s’il est prêt à rester un peu plus, comme il l’a expliqué à la NZZ am Sonntag le week-end dernier. Un faux départ de l’ancien colistier de Pierin Vincenz est pourtant un scénario que la banque voudra éviter si elle veut enfin tourner cette page.

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