Le marché du travail suisse a continué de se détériorer en août, conformément aux attentes. Le taux de chômage est passé de 3,7% à 3,8% en un mois. A fin août, 150’831 personnes étaient inscrites auprès des offices régionaux de placement (ORP), soit 5467 de plus que le mois précédent.

La barre des 150’000 chômeurs n’avait plus été franchie depuis le mois de février 2006. L’ensemble des demandeurs d’emploi inscrits se chiffre à 208’568 personnes, soit 4431 de plus qu’un mois plus tôt, a indiqué le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) mardi dans son relevé mensuel.

Le chômage a augmenté de 56’792 personnes (+60,4%) par rapport au mois correspondant de l’an dernier. Les jeunes (15 à 24 ans) sont de loin les plus touchés. Le phénomène frappait près de 30’000 personnes (29’298) à la fin du mois passé, soit une hausse de 3605 par rapport à juillet (+14%).

Le chômage pour cette catégorie d’âge a bondi de trois quarts par rapport au même mois de l’année précédente, soit de 12’533 personnes. A fin août, le taux s’inscrivait à 5,3%, c’est-à-dire 0,7 point de plus que le mois précédent.

Jeunes premiers touchés

«Les jeunes sont les plus touchés, car ils sont fréquemment embauchés pour des durées déterminées ou à temps partiel», a indiqué à l’ATS Serge Gaillard, chef de la Division marché du travail au SECO. Il faut dire que le nombre d’écoliers qui ont achevé leur scolarité et d’apprentis qui ont terminé leur formation s’est accru.

«La hausse du chômage chez les jeunes n’est pas si forte», tempère toutefois Serge Gaillard. Les employeurs s’efforcent de garder leurs apprentis. La situation sur le marché de l’apprentissage reste bonne en Suisse et les jeunes ne restent généralement pas longtemps sans emploi. ajoute-t-il.

Evolution dramatique à Neuchâtel

Par région, le taux de chômage reste plus élevé en Suisse latine (5,2%) qu’en Suisse alémanique (3,3%). L’ensemble des cantons romands ont vu leur taux augmenter. Canton exportateur, Neuchâtel, en particulier, paie un lourd tribut à la crise avec un bond de 0,4 point par rapport à juillet, à 6,5%. Sur un an, l’augmentation atteint 3,4 points.

Genève affiche cependant encore le taux de chômage le plus élevé de Suisse (+0,1 point sur un mois, à 6,9%). Même si le canton du bout du lac présente une progression de «seulement» 25,1% sur un an, soit bien moins que la moyenne nationale.

Les cantons de Fribourg et Vaud ont subi des hausses de 0,2 point à respectivement 3,4% et 5,3%. Valais (3,6%) et Jura (5,7%) ont vu leur taux grimper de 0,1 point, tout comme Berne (2,7%) et le Tessin (4,6%). Le canton de Uri jouit du taux le plus bas (1,1%).

Selon des données provisoires, 1488 personnes ont par ailleurs épuisé leurs droits aux prestations de l’assurance-chômage en juin 2009. Les 200’000 en ligne de mire

Le marché du travail ne cesse de se détériorer depuis l’été dernier. En juillet 2008, le taux n’était encore que de 2,3%, ce qui correspondait à peu plus de 90’000 chômeurs.

Taux de chômage supérieur à 5% en 2010

Serge Gaillard prévoit une poursuite de la hausse du chômage dans les six à neuf prochains mois. La contraction de la conjoncture se répercute en général avec six mois de décalage sur le marché du travail, explique-t-il. De ce fait, le nombre de chômeurs devrait dépasser l’an prochain la barre des 200’000 et franchir les 5%.