La valeur totale des produits pharmaceutiques de contrefaçon commercialisés dans le monde dépasse les 4 milliards d'euros, selon un rapport publié lundi conjointement par l'OCDE et l'Office européen pour la propriété intellectuelle (EUIPO).

L'Unifab, qui réunit en France les industriels engagés dans la lutte contre la contrefaçon, salue ce rapport. «Le contexte actuel de crise sanitaire dû au Covid-19 ouvre une brèche et les contrefacteurs n'hésitent pas à en profiter pour produire, distribuer, vendre, et duper les consommateurs, sans se soucier des conséquences terribles (...) sur leur santé et leur sécurité», souligne le président de l'association de fabricants Unifab, Christian Peugeot, cité dans un communiqué distinct.

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L'Inde et la Chine, plus gros producteurs de produits pharmaceutiques contrefaits

Environ 2000 annonces en ligne concernant des faux produits pharmaceutiques liés au Covid-19 ont été démantelées par Interpol et plus de 34 000 faux masques chirurgicaux ont été saisis, selon Christian Peugeot, pour qui «il faut impérativement tirer la sonnette d'alarme et sensibiliser les consommateurs».

Le rapport OCDE-UEIPO, qui s'appuie sur des données douanières de la période 2014-2016, chiffre la valeur totale des produits pharmaceutiques de contrefaçon commercialisés dans le monde à 4,4 milliards de dollars en 2016.

«L'Inde et la Chine figurent comme les plus gros producteurs de produits pharmaceutiques de contrefaçon au niveau mondial», affirme l'UEIPO dans un communiqué, tandis que Singapour et Hongkong apparaissent comme «les principaux points de transit» dans la chaîne d'approvisionnement des produits pharmaceutiques de contrefaçon.

Un trafic facilité par l'envoi de petits colis postaux et lettres

Toujours selon l'UEIPO, les entreprises et les commerces les plus touchés par la contrefaçon et le piratage sont principalement basés dans des pays de l'OCDE, tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Autriche, l'Allemagne et la Suisse.

Ce commerce de contrefaçon est facilité par l'augmentation du nombre d'envois par petits colis postaux ou par lettres, «plus difficiles à détecter par les agents des douanes» et qui ont représenté entre 2014 et 2016, quelque 96% de l'ensemble des saisies douanières de produits pharmaceutiques contrefaits.