La Suisse séduit toujours plus, selon les chiffres publiés par le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). En 2004, 526 entreprises étrangères s'y sont installées, contre 446 en 2003. Elles ont créé 2289 emplois, près de 200 de plus qu'une année auparavant. Preuve de cet intérêt, la Suisse figure parmi les pays retenus par le numéro mondial de la biotech Amgen à la recherche d'un nouveau site de production (LT du 2.3.2005). L'Autriche, souvent comparée à la Suisse, a mené à bien 107 projets cette même année, selon l'Austrian Business Agency (ABA).

Et les données laconiques du Seco ne révèlent qu'une partie de cet intérêt. Elles portent seulement sur les entreprises étrangères ayant profité de l'appui des services cantonaux de promotion économique. «Il s'agit de sociétés ayant bénéficié d'un accompagnement approfondi», précise Martin Meyer, directeur de la promotion économique du canton du Valais. Beaucoup de sociétés agissant seules ne figurent pas dans cette statistique. Pour mieux mesurer le phénomène, les investissements directs étrangers en Suisse étaient de 22,3 milliards de francs en 2003, selon la Banque nationale suisse (BNS).

«Les entreprises estiment que les conditions-cadres sont meilleures que chez nos voisins européens», résume Francis Sermet interrogé sur ce résultat. Le directeur du développement économique Western Switzerland (DEWS), qui regroupe les cantons du Jura, de Neuchâtel, de Vaud et du Valais, énumère quelques-uns des atouts de la Suisse: proximité des autorités, qualité de la vie, fiscalité et formation. Pourquoi la Suisse perd-elle malgré tout certains projets? «Les barrières administratives sont lourdes. L'électricité coûte cher», détaille-t-il.

Manque de transparence

Au-delà de cette appréciation globale, l'attractivité de chaque canton reste difficile à juger. «Nous nous sommes engagés à ne pas dévoiler les chiffres transmis par les cantons», répond Martin Siegrist, du Seco. La concurrence explique ce manque de transparence, selon le fonctionnaire fédéral. Un coup de sonde en Suisse romande donne le résultat suivant: Vaud (90 entreprises implantées et 341 emplois créés en 2004), Neuchâtel (52 sociétés dont le producteur d'implants chirurgicaux Stryker à La Chaux-de-Fonds) et le Valais (19). Fribourg et Genève donnent rendez-vous ces prochaines semaines pour la publication de leurs chiffres. «Un indicateur sur la durée donne une bonne vision de l'attractivité», note Robert Kuster, délégué au développement économique du canton de Genève. Quant aux Jurassiens présents à la BIMO à Delémont (salon des technologies de l'information), ils n'étaient pas en mesure, mercredi, de répondre.