Plus d’équité pour le deuxième pilier

Prévoyance professionnelle La distribution des revenus et la transparence sont des sujets de plus en plus courants dans la prévoyance professionnelle. Comment les caisses de pension peuvent-elles renforcer la confiance des assurés dans le deuxième pilier?

Il est grand temps de réformer la prévoyance professionnelle. Il n’est pas étonnant que les assurés ne sachent plus à quel saint se vouer. Comment rétablir la confiance? Pour cela, il faudra à la fois des paramètres réalistes et des mesures compensatoires, une redistribution au sein de la caisse de pension aussi limitée que possible et de la transparence.

Des paramètres réalistes, facteurs de confiance . La confiance naît là où il n’y a jamais de mauvaises surprises. Prenons l’avoir vieillesse, le meilleur exemple qui soit pour expliciter ce principe. Pour la plupart d’entre nous, notre capital d’épargne de prévoyance professionnelle représente la majeure partie de notre fortune. Mais quelle en sera sa valeur au moment de notre départ à la retraite? Tous les assurés peuvent faire la preuve par l’exemple. Comment? En comparant le résultat indiqué dans la ligne «capital vieillesse prévisionnel» de leurs attestations de prévoyance des dix dernières années. On ne peut qu’espérer que sa caisse de pension a revu ses prévisions à la baisse ces dernières années et que ses estimations du taux auquel elle investit l’avoir vieillesse sont réalistes. Les caisses de pension font elles aussi les frais du niveau faible des taux d’intérêt et de l’instabilité des marchés de capitaux. En tant qu’assuré, on peut être contrarié par la baisse du capital d’épargne prévu pour le moment du départ en retraite. Mais la situation serait bien pire si l’on n’avait pas le temps de combler ses lacunes de prévoyance par une épargne supplémentaire.

Un investissement sûr ne suffit pas . Toute caisse de pension doit veiller à la sécurité du capital de ses assurés. Mais cela ne suffit pas! Pour pouvoir bénéficier d’une pension décente dans son grand âge, l’assuré doit pouvoir compter sur un taux d’intérêt stable et aussi élevé que possible pour son avoir vieillesse. Dans ce contexte, la persistance des taux bas sur les marchés financiers représente un défi de taille pour bon nombre de caisses de pension suisses.

Les caisses de pension ont un horizon de placement éloigné, si bien qu’elles peuvent procéder à des investissements plus risqués. La meilleure solution est donc une stratégie de placement équilibrée basée sur des investissements largement diversifiés. Nous avons fait le choix d’opter pour des obligations et des investissements à long terme dans des valeurs réelles, telles que les actions, les biens immobiliers et les placements alternatifs.

Incontournable: une gestion professionnelle des risque s . Lorsque l’on recherche des opportunités de rendement élevées, il faut également être capable de prendre certains risques. Pour une caisse de pension, la gestion des risques revêt donc une importance toute particulière. Bon nombre de caisses de pension utilisent le taux de couverture pour gérer leurs risques, comme le souhaite le législateur. En lançant un nouveau modèle de prévoyance, la Fondation collective Vita a introduit une réserve d’intérêts pour veiller à l’évolution stable de l’institution de prévoyance.

Le souhait: une rémunération conforme au marché . Les rendements que génère la caisse de pension en question avec ses placements sont évidemment un point. Mais il est également capital de savoir quelle part de ceux-ci sera versée aux assurés. Cela dépend du taux d’intérêt de l’avoir vieillesse. En 2014, la Fondation collective Vita a rémunéré les avoirs obligatoires à hauteur de 2,75% et les avoirs surobligatoires à hauteur de 3,75%. Lorsqu’une caisse de pension accumule une plus grande réserve de fluctuation de valeurs que nécessaire et augmente par là même le taux de couverture, ce n’est pas forcément dans l’intérêt de l’assuré, puisque ces fonds ne lui sont pas crédités personnellement. C’est pourquoi la Fondation collective Vita reverse désormais aux assurés tous les revenus générés en sus des ressources nécessaires pour maintenir le taux de couverture de 106%, et ce de manière échelonnée sur cinq ans. Pourquoi 106%? D’après nos analyses de risque, combiner un taux de couverture de 106% à une réserve d’intérêts représente la solution idéale pour nous en raison de la nature de son portefeuille d’investissement et de sa structure de risque.

Une bonne rémunération de l’avoir vieillesse est souhaitable pour les assurés: multiplié avec le taux de conversion, le capital vieillesse est la base sur laquelle est calculé le montant de la rente vieillesse annuelle. Ce taux de conversion est trop élevé et sera amené à baisser tôt ou tard: Prévoyance 2020 prévoit, entre autres, un abaissement du taux de conversion de 6,8% à 6%. S’ils bénéficient d’avoirs vieillesse bien rémunérés, les assurés souffriront moins de la baisse prévisible des retraites.

Minimiser la redistribution. Dans le cadre du deuxième pilier, les assurés épargnent fondamentalement pour eux (contrairement à l’AVS). Cependant, parce que les sphères politiques attribuent aux caisses de pension des prestations vieillesse trop élevées, les caisses sont forcées d’opérer une redistribution contre leur gré. Swisscanto, la société de direction de fonds des banques cantonales, a refait le calcul. Alors que les avoirs des retraités étaient rémunérés à un taux de 3,3%, les actifs ne bénéficient que d’un taux de 2,2%. Si la différence semble minime, elle s’élève néanmoins à presque 4 milliards de francs. La deuxième forme de redistribution concerne les différents postes des avoirs des assurés actifs, à savoir la part obligatoire et surobligatoire. Parce que les objectifs trop élevés du législateur ne valent que pour les avoirs obligatoires, beaucoup de caisses de pension réservent un plus mauvais traitement aux avoirs surobligatoires de leurs assurés. Nous rectifions le tir, en fonction de la hauteur du taux de couverture. Ainsi, elle s’est engagée à offrir une rémunération supérieure pour les avoirs surobligatoires à celle des avoirs obligatoires à partir d’un taux de couverture de 100%.

Davantage de transparence . La communication des caisses de pension est désormais plus transparente. Elles publient en ligne leurs rapports de gestion et fournissent des informations détaillées. Elles contribuent à ce que les assurés déchiffrent mieux ce thème complexe. Les décisions du conseil de fondation n’en restent pas moins difficiles à comprendre pour les assurés. C’est pourquoi nous rendons désormais publique la méthode qui sert à définir le taux d’intérêt. Ce calcul est même inscrit au règlement. Ainsi, ses quelque 115 000 assurés peuvent mieux comprendre les décisions relatives aux taux d’intérêt. Nous sommes également en train de retravailler l’ensemble de la documentation clients pour la rendre plus compréhensible.

La réglementation concernant la prévoyance professionnelle est stricte. Toutefois, les mesures présentées montrent bien que les caisses de pension peuvent encore agir pour renforcer la confiance des assurés et accentuer le principe d’équité de la prévoyance professionnelle.

* Gérant de la Fondation collective Vita

Les caisses de pension peuvent renforcerla confiance des assurés et accentuerle principe d’équité