Quel fonds choisir lorsque l'on veut acheter des actions européennes? Le plus gros, si l'on en croit les experts. Le Fidelity European Growth Fund est le produit qui revient le plus souvent sur les lèvres des six spécialistes interrogés. Nous leur avons demandé quels sont les deux fonds qu'ils préfèrent, parmi les produits autorisés par la Commission fédérale des banques.

La performance du Fidelity European Growth «est totalement hallucinante, c'est une valeur sûre», s'enthousiasme Marc Sbeghen, cogérant du Prifund European Equities, un fonds de fonds du groupe Edmond de Rothschild. «Il détient plus de 200 titres, la plus grande position ne fait que 5% du portefeuille, il est extrêmement diversifié», précise Jean-Luc Lederrey responsable des études financières de la BCGE. Haroldo Jimenez, qui participe à la gestion des fonds de la même banque ajoute: «Sa volatilité est plus faible que celle de l'indice alors que sa performance a été plus forte.» Il a moins reculé que l'indice et a récupéré plus vite. Résultat: il dépasse ses plus hauts de 2001. «Le fonds a profité de son orientation sur les petites et les moyennes valeurs, mais c'est un choix du gérant. Quand il le jugera utile, il pourra les délaisser» explique Rolf Maurer, associé de BEVAG à Zurich. Ce fonds est orienté sur la substance, contrairement à ce que son nom (growth) laisse entendre. «Cependant, sa taille est un peu un handicap.» Mais à ce jour, le poids de son portefeuille, 17 milliards d'euros, a su être surmonté. «De telles performances sont rares pour un fonds de cette importance», estime Marc Sbeghen. Il y a deux ans le gérant du Fidelity European Growth Fund quittait le fonds. «Beaucoup ont craint que son remplaçant, Graham Clapp, n'arrive pas à l'égaler, ils ont quitté le navire. Mais il s'est montré excellent et n'encourt aucune critique, relève Rolf Biland, responsable de la stratégie d'investissement chez VZ VermögenZentrum à Zurich. Le fonds affiche une performance annualisée de 6,1% sur trois ans et existe depuis 15 ans.»

Schroder Euro Active Value également bien noté

Schroder Euro Active Value retient l'attention de deux spécialistes. «C'est un excellent produit. Le gérant s'intéresse entre autres aux sociétés qui ont plusieurs classes de titres. Il achète la plus avantageuse», lance Fabio Lopes, gérant de l'UBP Multifunds Europe. «Ajustée du risque, la performance est excellente», ajoute Rolf Maurer. Mais là aussi, le fonds «pourrait être victime de son succès», met en garde Fabio Lopes. Il y a un peu plus d'un an sa fortune n'était que de 50 millions d'euros, elle atteint aujourd'hui 1,3 milliard. Une somme difficile à manier pour une stratégie si particulière.

Pioneer Top European Players est dans le portefeuille du fonds de la BCGE, le Rainbow fund Diamant. Il est également en très bonne place chez Rothschild. «C'est un fonds concentré qui n'a que 30 grandes valeurs au maximum, on aime quand les gérants ont des positions claires. Il a un horizon de temps long et le portefeuille tourne peu», explique Marc Sbeghen.

«Le gérant du Nordea European Value est totalement zen. Il a bien compris les sociétés qu'il achète, il est certain qu'elles vont monter et il reste serein. Il n'y a rien de pire que les gérants qui changent d'avis avec le vent», lance Fabio Lopes. Ce fonds a bien protégé le capital en période de baisses et il a avancé plus vite en période de hausses. Depuis le début de l'an 2000, il a gagné plus de 30%. Sa notoriété est quelque peu éclipsée par un autre fonds de Nordea, le North American Value Fund, qui est recommandé par tous.

Carmignac Grande Europe, (voir l'interview de son gérant dans Le Temps du 21 février) est recommandé par Rolf Biland. «C'est un fonds géré très activement et de façon courageuse. Il n'hésite pas à détenir une très forte proportion de liquidités, alors qu'il a une forte orientation sur les titres de croissance.»