S'inspirant des grands classiques du cinéma sur la mafia et le banditisme, la série des Grand Theft Auto (GTA) a la particularité d'offrir une grande liberté au joueur, dans un univers relativement ouvert. Les héros des GTA peuvent donc vaquer à diverses occupations, avant de reprendre le cours de l'histoire vers la mission principale suivante. Et c'est précisément cette impression de liberté qui a été le principal facteur de la réussite phénoménale de la série, à laquelle s'ajoute le plaisir d'incarner un «mauvais garçon».

Cette nouvelle mouture débute alors que notre héros, le Serbe Niko, débarque d'un navire marchand après quelques mois passés en mer. On comprend vite que notre taciturne mal rasé possède un lourd passé, qu'il va essayer de dénouer dans la superbe Liberty City. L'ambiance a changé, abandonnant le ton hip-hop ou seventies caricatural pour un univers nettement plus sombre, réel et mature.

Un GTA se décline en trois sections principales: des voitures, des bagarres et des situations scabreuses. La conduite a été entièrement revue, pour un résultat nettement plus réaliste, la vue intérieure donnant des sensations parfaites. En dehors des «missions» et des inévitables courses-poursuites, l'ambiance générale donne plutôt l'envie de se couler dans la circulation que d'être perpétuellement un criminel de la route.

Niko va se retrouver mêlé à de nombreuses querelles, utilisant toute une panoplie d'armes, depuis ses poings jusqu'au lance-grenades. Le système de combat, amélioré lui aussi, donne des affrontements très dynamiques, le joueur disposant d'un système de visée automatique performant. Seuls les corps-à-corps présentent une certaine mollesse.

Nous en arrivons maintenant au troisième point, pour lequel le jeu est interdit aux moins de 18 ans. Il y a, d'une part, le scénario, où le joueur incarne un gangster. Et puis, il y a le facteur «liberté»… Certes, il est possible de massacrer des passants innocents et d'écraser sauvagement des grand-mères. Mais ce n'est pas parce qu'on peut le faire qu'on doit le faire, Liberty City offrant bien d'autres plaisirs que de passer son temps à échapper aux forces de l'ordre. Au fil du jeu, on découvre, par ailleurs, les joies de la navigation et du vol en hélicoptère, sans oublier le métro, toujours pratique pour se déplacer rapidement d'un bout à l'autre de Liberty City.

Clubs de strip-tease

Niko compte également beaucoup sur son téléphone portable, aussi bien pour appeler ses contacts ou leur proposer des activités, lire ses messages, voire fixer un rendez-vous. Les principales distractions sont le bowling, les fléchettes et le billard, sans oublier les soirées dans les clubs de strip-tease ou les passages par un cybercafé, histoire de surfer un peu ou de tenter un rendez-vous avec une inconnue. Le téléphone sert également à lancer des sessions multijoueurs. Il y a ainsi largement de quoi doubler la durée de vie du jeu, qui dépasse la soixantaine d'heures en solo.

Les graphismes ont pris le parti d'une sorte de flou pictural, qui rend très bien et permet de parcourir la ville sans aucun temps de chargement. L'ambiance sonore est quasi parfaite.