Les entreprises suisses font preuve de plus de transparence en matière de salaires tout en continuant de se montrer très généreuses envers leurs dirigeants. En 2007, le directeur général d'une société cotée sur l'indice SMI a ainsi gagné en moyenne 9,4 millions de francs, indique une étude de PricewaterhouseCoopers (PwC). En incluant un échantillon plus large constitué de 54 sociétés cotées en bourse, la rémunération du membre du comité exécutif le mieux payé s'est élevée à 7,9 millions de francs (valeur médiane) l'an dernier, soit une hausse de 39% par rapport à 2006. La rémunération la plus faible s'établit, elle, à 1,7 million (+14%). Seul le salaire le plus élevé, qui atteint 22,2 millions, s'inscrit en recul (-17%) par rapport à 2006.

Par comparaison, les présidents de conseil d'administrations ont, eux, gagné 1,4 million (médiane) l'an dernier.

Ces résultats se rapprochent des estimations d'Ethos (LT du 24septembre 2008). En se basant sur 48 sociétés, la fondation calcule un salaire moyen de 5,45 millions pour les directeurs généraux d'entreprises suisses et de 10,75 millions lorsqu'ils cumulent les fonctions de président du conseil d'administration et de CEO. C'est le cas par exemple de Daniel Vasella, de Novartis, qui a empoché 29,97 millions l'an dernier. Pour la seule fonction de directeur général, Brady Dougan de Credit Suisse a, lui, reçu 22,3 millions en 2007.

Dans l'ensemble, les auteurs de l'étude de PwC louent les efforts de transparence des entreprises suisses. Reste que certains points importants, tels que la méthode employée et la date d'évaluation des rémunérations basées sur des actions - des éléments qui ne sont pas réglementés par la loi sur la transparence du Code suisse des obligations entrée en vigueur en 2007 -, font encore parfois défaut, déplore Robert Kuipers, associé chez PricewaterhouseCoopers.

Plus de transparence ne fait pas baisser les salaires

Une transparence accrue ne contribue pas forcément à faire baisser les rémunérations des dirigeants, souligne pour sa part Remo Schmid, coauteur de l'étude. En effet, lorsque des dirigeants ou membres de conseils d'administration se rendent compte qu'ils sont payés en dessous de la valeur du marché, ils ont plutôt tendance à exiger un ajustement vers le haut, observe l'associé de PwC.

Qu'attendre pour 2008? Etant donné que les incitations à long terme proposées par les entreprises, des actions principalement, constituent plus de la moitié (52%) du revenu total des CEO, la forte correction des marchés ne restera pas sans effet sur le niveau de leurs rémunérations. Les 20 plus grandes capitalisations de l'indice SMI affichent un recul de plus de 21% depuis début janvier.