On a coutume de dire que l'Union européenne est un géant économique mais un nain politique. A en juger par le bilan maigrichon du sommet de Stockholm, ce serait plutôt le contraire. Le contraste est frappant entre le manque d'ambition face à la globalisation de l'économie et la force du message sur le plan diplomatique. En dépit des appels insistants de l'industrie, les Quinze ont été incapables de donner une nouvelle impulsion au processus de restructuration de leur économie. Dans ces conditions, comment croire leurs dirigeants qui martèlent que l'Union résistera, contre vents et marées, au ralentissement de la conjoncture mondiale? La bonne santé économique n'est-elle pas tributaire aussi de la faculté de s'adapter aux changements?

Paradoxalement, c'est sur le terrain diplomatique que les leaders européens se sont montrés le plus allants et, une fois n'est pas coutume, le plus unis. Dans un bel élan d'unanimité, ils ont condamné la guérilla albanaise qui menace de déstabiliser les Balkans. Comme un seul homme, ils ont réaffirmé à Vladimir Poutine qu'une solution à la crise tchétchène ne passe pas par une répression brutale mais par un dialogue politique. Et c'est avec la même fermeté qu'ils ont sèchement rappelé à l'ordre George W. Bush, exhortant le président américain à respecter ses engagements sur le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone. Moralité: il est plus facile de donner des leçons aux autres que de faire le ménage chez soi.