Prudence avec les applications de traçage de contact destinées à lutter contre le virus, avertit Amnesty International. Mardi, l’organisation de défense des droits humains a publié une étude accablante pour les apps de certains pays. Bahreïn, le Koweït et la Norvège ont déployé les programmes «les plus intrusifs du monde», relève Amnesty, dont le Security Lab a procédé à l’analyse technique détaillée de 11 applications utilisées en Algérie, à Bahreïn, aux Emirats arabes unis, en France, en Islande, en Israël, au Koweït, au Liban, en Norvège, au Qatar et en Tunisie. Mi-mai, l’organisation avait déjà épinglé la Suisse.

Amnesty juge que les applications BeAware Bahrain à Bahreïn, Shlonik au Koweït et Smittestopp en Norvège «sont les outils de surveillance de masse les plus inquiétants» qui ont été examinés, car ils participent tous activement à la localisation en direct, ou quasiment en direct, des utilisateurs en envoyant fréquemment des coordonnées GPS à un serveur central.» Ces trois pays utilisent «des outils de surveillance très invasifs qui outrepassent largement Covid-19», affirme Claudio Guarnieri, responsable du Security Lab d’Amnesty International. Alertée en amont sur le contenu de ce rapport, la Norvège a décidé lundi de mettre sur pause son application.