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Au mois d’août, Swiss Education Group prévoit d’inaugurer un nouveau bâtiment au Bouveret dédié à l’art culinaire
© The Woid

Formation

Plusieurs écoles hôtelières romandes passent en mains asiatiques

Les écoles privées de Swiss Education Group (SEG) ont été rachetées par le groupe chinois Summer Capital. Elles génèrent un chiffre d’affaires de 150 millions de francs et attirent 6500 étudiants provenant du monde entier

Aux côtés de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) ou celles de Glion et Les Roches, il y a un autre groupe, plus discret mais aussi plus lourd. Swiss Education Group (SEG), dont le siège est à Montreux, génère un chiffre d’affaires de 150 millions de francs et attire 6500 étudiants provenant du monde entier. En guise de comparaison, 2800 étudiants sont inscrits à l’EHL.

Le groupe SEG a annoncé vendredi sa reprise par le groupe d’investissement chinois Summer Capital pour un prix non divulgué. Il appartenait jusqu’à présent au fonds Invision, basé à Zoug.

SEG, qui compte 22 000 alumni et 650 collaborateurs, possède plusieurs écoles hôtelières en Suisse romande, comme le César Ritz Colleges ou la Culinary Arts Academy au Bouveret, l’Hotel Institute Montreux, l’IHTTI School of Hotel Management à Neuchâtel ou la Swiss Hotel Management School à Caux et Leysin.

Chaque école possède son propre nom et ses spécificités. Celle de Neuchâtel, par exemple, est orientée design hôtelier alors que celle de Caux a comme particularité l’événementiel et la gestion de spas. SEG prévoit de s’agrandir. Au mois d’août, il inaugurera au Bouveret un nouveau bâtiment de quatre étages dédié aux différentes tendances culinaires.

Recrutement intensif

Fondé en 1982 par Andreas Künzli et dirigé aujourd’hui par Florent Rondez, le groupe SEG ne comptait à l’origine qu’une seule école de langues à Châtel-Saint-Denis, dans le canton de Fribourg. Petit à petit, celle-ci s’est muée en un groupe d’écoles hôtelières qui a été vendu il y a dix ans au fonds d’investissement Invision.

«Le groupe a une politique de croissance par acquisition, avec un recrutement intensif d’étudiants à l’étranger, notamment en Asie, via des agents qui obtiennent une commission sur chaque nouvelle inscription», explique un ancien employé de SEG qui préfère ne pas être cité. Cette pratique serait usuelle dans le domaine de l’enseignement privé tourné vers l’international. «Le niveau d’exigence pour entrer dans une école du groupe n’est pas aussi élevé que celui demandé à l’EHL ou dans les écoles de Glion et Les Roches. SEG récupère souvent des étudiants qui n’arrivent pas à rentrer à l’EHL.»

Lire aussi: L’hôtellerie mène à tous les métiers

Il faut néanmoins une maturité ou un baccalauréat pour être accepté dans une école du groupe qui délivre des titres universitaires américains et anglais. «Les critères d’admission aux écoles du groupe suivent les exigences établies par les partenaires académiques de SEG en Angleterre et aux Etats-Unis (University of Derby and Northwood University), et le niveau d’anglais doit répondre aux exigences des autorités cantonales en matière de délivrance de visa.

Etudiants asiatiques

Les étudiants d’Asie du Sud et de Chine représentent 50% des effectifs, l’autre moitié provenant d’une centaine de pays dont 1% est de nationalité suisse.

Contrairement à l’EHL qui est gratuite pour les résidents suisses, étant considérée comme une Haute Ecole spécialisées de Suisse occidentale (HES-SO), les écoles du SEG sont payantes. Les frais d’écolage se situent autour de 130 000 à 150 000 francs sur trois ans. «Tout est inclus, aussi bien l’hébergement que les uniformes, les repas ou les assurances», précise Benoît Samson, directeur des marques au sein de SEG.

Les différentes écoles du groupe ne délivrent pas de titre universitaire reconnu en Suisse. «Néanmoins nos étudiants trouvent dans 90% des cas un emploi. Nous ne voulons pas devenir une business school comme l’EHL, où les diplômés exercent finalement dans un autre secteur. Nos étudiants, de retour dans leur pays, travaillent dans l’hôtellerie et la restauration car nos écoles répondent aux besoins de l’industrie, note Benoît Samson, dont le groupe a noué des partenariats avec plus de 150 entreprises, à l’exemple de Hyatt, Four Seasons, Accor Group, Kempinski, Mövenpick ou The Ritz Carlton. Les besoins en formation sont gigantesques. En Chine, par exemple, le groupe Accor ouvre chaque mois un nouvel hôtel.» Raison pour laquelle aussi bien l’EHL que le SEG, dont le siège restera en Suisse, cherchent désormais à créer des écoles à l’international, notamment en Asie.

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