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Le président autrichien Alexander Van der Bellen et le chancellier Sebastian Kurz lors de la conférence de presse révélant l'affaire d'espionnage.
© HANS PUNZ

Diplomatie

Plusieurs entreprises suisses écoutées par des espions allemands

Plusieurs filiales autrichiennes d’entreprises suisses se retrouvent au cœur d’une affaire d’espionnage germano-autrichienne. Les téléphones de Panalpina, Bossard ou encore Sandoz ont été mis sur écoute

Pendant des années, plus d’une douzaine de succursales autrichiennes d’entreprises suisses ont été mises sur écoute par des espions allemands, selon des documents dont le SonntagsBlick a obtenu copie. Des mosquées autrichiennes, des ministères et d’autres entreprises (2000 entités au total) ont également été la cible du Bundesnachrichtendienst (BND), les services de renseignement de Berlin.

L’information, révélée il y a trois semaines lors d’une conférence de presse du gouvernement autrichien, a engendré une crise diplomatique entre Berlin et Vienne. L’hebdomadaire alémanique apporte ce dimanche de nouveaux éléments montrant que cette affaire possède également des ramifications helvétiques.

Services suisses informés

Parmi les noms suisses les plus connus figurent le fabricant de génériques Sandoz, appartenant au groupe bâlois Novartis, le groupe logistique Panalpina, également bâlois, et le fabricant zougois de vis et boulons Bossard.

Dans son dossier de plusieurs pages, le journal évoque également les noms de Tecan – l’entreprise basée à Männedorf (ZH) qui fournit des instruments de laboratoire – ou encore celui du leader mondial des courroies de transmission Habasit, installé à Reinach dans le canton de Bâle. Toutes ces entreprises ont refusé de répondre aux questions des journalistes.

De leur côté, les services de renseignement suisses assurent qu’ils étaient au courant de ces manœuvres et ont tenté de combattre cet espionnage avec «leurs propres ressources».

Au moins sept ans d’écoutes

La surveillance a débuté en 1999 et a au moins duré jusqu’en 2006. Les services secrets allemands filtraient systématiquement les e-mails et les informations échangées par téléphone. Une partie des données ainsi récoltées a été transmise aux services secrets américains mais impossible, admet le SonntagsBlick, de savoir avec précision ce que cherchaient les Allemands.

L’expert en renseignement et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet Erich Schmidt-Eenboom, cité par le journal, croit savoir que les Allemands agissaient certainement pour le compte de Washington. De l’espionnage industriel au profit des entreprises américaines? Erich Schmidt-Eenboom en semble convaincu. «Je suis sûr que le service de renseignement américain et le BND espionnaient aussi en Suisse», affirme-t-il dans une interview.

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