Les échanges sur plusieurs places boursières européennes gérées par Euronext ont été gelés lundi par une panne d'environ trois heures et n'ont pu reprendre qu'à la mi-journée, deux ans après la dernière panne de grande ampleur ayant touché l'opérateur paneuropéen.

Outre Paris, les cotations ont aussi été suspendues sur les places de Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne et Dublin, également gérées par Euronext, entre environ 10h et 12h45 (10h45). La Bourse d'Oslo a, elle, été épargnée.

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Pas d'explication

«La cause [de la panne] a été identifiée et résolue», a indiqué l'opérateur boursier paneuropéen dans un communiqué transmis à l'AFP peu avant la réouverture des échanges, indiquant qu'il s'agissait d'un «problème technique».

Peu d'éléments expliquaient pour l'heure la source de cette panne, l'opérateur qui a fêté ses vingt ans en septembre évoquant juste un ennui d'ordre informatique. Celui-ci a notamment affecté les opérations à taux fixe, les opérations liquides liées au marché des actions et celles liées aux fonds indiciels (ETF), chaque segment ayant pu être à nouveau disponible entre 12h30 et 13h00, a indiqué Euronext.

Il y a deux ans, une matinée entière de blocages

La dernière panne importante ayant touché l'opérateur boursier remonte à deux ans, lorsque le 29 octobre 2018 un défaut de calcul du CAC 40 au démarrage de la séance avait engendré une suspension de cotation et des perturbations tout au long de la matinée.

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D'autres pannes récentes

La panne subie lundi par Euronext survient peu après une série de problèmes techniques ayant affecté plusieurs places boursières dans le monde. La dernière en date remonte au 1er octobre et à un blocage durant toute la séance à la Bourse de Tokyo, l'un des plus graves incidents de l'histoire de la place japonaise.

Elle avait été précédée par une interruption des échanges en juillet à la Bourse de Francfort, en raison d'un «dysfonctionnement» ayant affecté le système de trading de cette place financière, appelé Xetra. Le «bug» dont a été victime Euronext lundi n'avait toutefois dans l'immédiat pas affecté les indices boursiers à travers l'Europe, ni les acteurs du marché.

Des clients patients

Les clients se sont montrés «assez patients», a réagi auprès de l'AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique de Saxo Banque. L'expert a observé «l'avantage d'avoir un lundi plutôt calme», avec des volumes d'ordres traditionnellement bas lors du premier jour de la semaine.

L'incident a toutefois tempéré la bonne humeur dont jouissaient les acteurs du marché en tout début de séance, dans le sillage de chiffres de croissance chinoise plutôt favorable et de l'espoir d'un accord bipartisan au Congrès américain sur un plan de relance économique.

Le CAC 40 prenait 0,25% vers 14h20, Francfort reculant pour sa part de 0,12% et Londres de 0,23% contre des hausses plus franches en début de séance.

La panne touchant Euronext survient dix jours après l'officialisation du rachat par Euronext de la Bourse de Milan, détenue pendant douze ans par le London Stock Exchange (LSE, qui gère la Bourse de Londres). L'acquisition s'est faite avec la Caisse des dépôts italienne et la banque italienne Intesa Sanpaolo.